Amazon tente de détrôner ChatGPT avec le nouveau portail Alexa.com
Longtemps cantonnée aux enceintes connectées, l'intelligence artificielle d'Amazon s'installe désormais sur les navigateurs web. Avec le lancement d'Alexa.com, le géant de Seattle espère rattraper son retard face aux leaders du secteur comme OpenAI, même si cette nouvelle interface reste pour le moment soumise à de nombreuses restrictions géographiques et techniques.
Lors de l'édition 2026 du Consumer Electronics Show (CES), Amazon a levé le voile sur une étape majeure de sa stratégie logicielle. Après avoir introduit Alexa+ sur le territoire américain il y a quelques mois, l'entreprise franchit un nouveau cap en proposant une plateforme accessible directement depuis un ordinateur. Cette initiative marque un tournant historique pour la marque qui, jusque-là, misait quasi exclusivement sur le contrôle vocal et les écrans de ses propres terminaux. En migrant vers le web, Amazon cherche ouvertement à concurrencer ChatGPT d'OpenAI et Gemini de Google, qui dominent actuellement le marché des agents conversationnels grâce à leur facilité d'accès universelle.
Un écosystème fermé et des conditions d'accès strictes
Malgré cette ambition de grandeur, l'ouverture de ce service ne concerne qu'une infime partie des internautes mondiaux. Pour l'heure, le site web demeure totalement inaccessible aux personnes résidant en dehors des États-Unis. Même les utilisateurs français, qui ont pu voir les prémices d'Alexa+ sur leurs appareils domestiques récemment, se retrouvent bloqués à la porte de cette version navigateur. À cette contrainte géographique s'ajoute une exigence linguistique puisque l'interface ne répond qu'aux requêtes formulées en anglais.
Le processus d'inscription s'avère lui aussi particulièrement sélectif. Contrairement à ses concurrents qui permettent une utilisation souvent libre ou après une simple création de compte, Amazon impose de posséder déjà un pied dans son univers matériel. Seuls les propriétaires d'enceintes Echo ou de dispositifs Fire TV peuvent espérer rejoindre le programme d'accès anticipé. Cette stratégie semble indiquer que l'entreprise privilégie la fidélisation de ses clients actuels plutôt que l'acquisition massive de nouveaux utilisateurs sans lien avec ses produits physiques.
Un modèle économique axé sur l'abonnement
La question financière est au cœur de ce déploiement. Si la phase expérimentale actuelle permet aux testeurs de dialoguer gratuitement avec l'IA, cette générosité ne sera que temporaire. À terme, l'accès complet à cette intelligence artificielle avancée deviendra une option payante. Amazon prévoit deux chemins pour les utilisateurs : soit posséder un abonnement Prime, soit souscrire à une offre spécifique facturée aux alentours de 20 euros par mois.
Ce positionnement tarifaire aligne Alexa.com sur les versions premium des autres grands agents conversationnels du marché. Toutefois, Amazon doit encore prouver que son outil apporte une valeur ajoutée suffisante pour justifier un tel investissement, surtout face à des outils déjà bien implantés dans les habitudes de travail et de création des internautes.
Une interface pensée comme un centre de contrôle
La véritable force de cette version web réside dans son intégration profonde avec les services de la firme. Alexa.com ne se contente pas de répondre à des questions ou de rédiger des textes. Le site intègre un volet latéral particulièrement pratique pour piloter les objets connectés de la maison. Cette fonctionnalité transforme le navigateur en un véritable tableau de bord domotique.
En plus de la gestion du foyer, l'internaute peut interagir directement avec son panier d'achat ou organiser ses listes de courses de manière fluide. Le portail offre également une passerelle vers le catalogue de Prime Video, confirmant que ce projet est avant tout un outil destiné à centraliser l'expérience de l'utilisateur au sein de la galaxie Amazon. Si l'aspect conversationnel pur reste encore en retrait par rapport aux prouesses d'OpenAI, l'aspect utilitaire et commercial pourrait devenir le principal argument de vente de cette nouvelle plateforme.