BYD bouscule le marché français avec une offensive hybride sans précédent
Le constructeur chinois démarre l'année 2026 en frappant fort sur les tarifs de ses modèles Dual Mode. Entre des loyers agressifs et une autonomie qui fait de l'ombre au thermique pur, la firme de Shenzhen accélère pour transformer son insolente croissance de 2025 en une domination durable du paysage automobile hexagonal.
L'architecture Dual Mode au centre du jeu commercial
La stratégie de BYD pour ce premier trimestre ressemble à un passage en force méthodiquement calculé.

Après avoir bouclé un exercice 2025 record avec 14 311 immatriculations en France, soit une progression fulgurante de 145 %, la marque mise désormais sur sa technologie DM-i pour séduire les derniers réfractaires au tout électrique. Ce système hybride rechargeable de nouvelle génération, qui repose sur une efficacité thermique record, promet des consommations de carburant dérisoires une fois la batterie épuisée, un point souvent critique chez la concurrence européenne actuelle. En proposant le nouvel ATTO 2 DM-i sous la barre des 27 000 euros, le constructeur vient chasser directement sur les terres des SUV compacts essence traditionnels tout en offrant une dotation technologique bien plus généreuse. On sent ici une volonté manifeste de démocratiser l'usage du plug-in sans la punition tarifaire qui l'accompagne d'ordinaire chez les constructeurs historiques.

Cette approche pragmatique répond à une demande croissante pour des véhicules capables d'assurer les longs trajets sans l'angoisse de la recharge publique. L'autonomie totale dépassant les 1 000 kilomètres sur plusieurs modèles témoigne d'une maîtrise industrielle qui commence à sérieusement inquiéter les états-majors des groupes occidentaux. Selon les dernières données du CCFA, la part de marché des véhicules hybrides rechargeables reste stable, et BYD compte bien s'accaparer le gâteau grâce à des tarifs d'entrée de gamme inédits.
L'ATTO 2 DM-i s'impose comme le fer de lance de cette conquête avec un ticket d'entrée fixé à 289 euros mensuels.
Ce SUV urbain ne se contente pas d'un prix d'appel, puisqu'il affiche une autonomie en mode électrique pur atteignant 90 kilomètres, ce qui couvre largement les besoins quotidiens de la majorité des actifs français sans brûler une goutte d'essence. À titre de comparaison, la cinquième génération du système hybride de BYD revendique un rendement thermique de 46,06 %, un chiffre qui place la marque au sommet de l'efficience mondiale devant les motoristes japonais. Pour les familles ayant besoin de plus d'espace, le SEALION 5 DM-i prend le relais dès 30 990 euros, proposant une alternative sérieuse aux SUV thermiques classiques dont les malus écologiques deviennent de plus en plus dissuasifs en ce début d'année 2026.
Le catalogue s'étoffe avec une rapidité qui laisse les acteurs traditionnels du secteur sur le carreau, incapables de suivre ce rythme de renouvellement.
Un ciblage précis pour les flottes professionnelles
Les entreprises bénéficient d'un traitement de faveur avec des solutions de financement totalement dénuées d'apport initial.
Dans un contexte législatif de plus en plus contraignant pour les flottes, BYD déploie des offres de location longue durée extrêmement compétitives pour les professionnels sur l'ensemble de sa gamme hybride. L'ATTO 2 DM-i est ainsi proposé à 289 euros par mois sans premier loyer majoré, tandis que la berline SEAL 6 DM-i et sa variante break Touring s'affichent respectivement à 349 et 359 euros. Cette manœuvre vise clairement à briser les barrières psychologiques liées au coût de détention global pour les gestionnaires de parc. Le best-seller SEAL U DM-i reste également de la partie à 369 euros mensuels, confirmant son statut de pilier de la marque sur le segment des SUV familiaux statutaires mais accessibles.
L'objectif est limpide : saturer le canal des ventes aux entreprises pour assurer une visibilité maximale sur les routes françaises.
Le virage électrique reste une priorité budgétaire
Le constructeur ne délaisse pas pour autant ses modèles à batteries pour ceux qui souhaitent franchir le pas définitivement.
La citadine Dolphin Surf devient particulièrement redoutable avec un prix positionné à 19 990 euros ou 199 euros par mois, moyennant un apport très contenu de 1 500 euros. Pour ce tarif, la version Boost propose une batterie de 43 kWh permettant de circuler en ville sur plus de 500 kilomètres selon le cycle WLTP, un argument de poids face aux citadines électriques européennes souvent plus onéreuses et moins bien dotées. De son côté, l'ATTO 2 en version 100 % électrique voit sa finition Comfort capable de parcourir 430 kilomètres s'afficher à 35 990 euros. Cette cohérence tarifaire entre l'hybride et l'électrique permet au client de choisir sa motorisation en fonction de son usage réel plutôt que de son seul budget.
Il est rare de voir un constructeur maintenir une telle pression promotionnelle tout en renouvelant ses produits aussi fréquemment.
Mon analyse d'expert suggère que BYD profite de son intégration verticale unique, produisant ses propres batteries et puces électroniques, pour écraser les coûts là où les autres subissent les marges de leurs fournisseurs. Cette autonomie industrielle permet aujourd'hui à la marque de proposer des loyers sans apport pour les pros, une prise de risque financière que peu de concurrents peuvent se permettre actuellement. En 2026, la bataille ne se gagne plus seulement sur le design, mais sur la capacité à offrir une technologie de pointe au prix du marché de l'occasion récente. Le pari semble en passe d'être gagné si l'on en croit l'affluence constatée lors des dernières opérations en concession.
À propos de l'auteur : David Tavos met à profit une expertise terrain de premier plan. Après avoir collaboré durant plusieurs années avec deux grands constructeurs français et une marque de prestige allemande, il possède une connaissance pointue de la logistique technique et des composants automobiles. Passionné de mécanique, il décrypte l'actualité auto avec un œil d'expert sur la fiabilité et l'ingénierie.