Elon Musk mise sur l'orbite terrestre pour faire décoller le supercalculateur Dojo3

Jan 20, 2026Par Conseil Direct
Conseil Direct

Le patron de Tesla relance officiellement le chantier de son superordinateur maison. En s'appuyant sur la nouvelle architecture AI5, la firme espère s'affranchir de la domination de NVIDIA tout en visant des sommets technologiques inédits.

Un laboratoire de calcul au-dessus de nos têtes

L'ambition ne se limite plus au plancher des vaches. Elon Musk envisage désormais de déporter la puissance de calcul de Dojo3 directement dans l'espace. Cette idée, qui pourrait sembler relever de la science-fiction, répond à des problématiques énergétiques concrètes. En installant des centres de données en orbite, Tesla bénéficierait d'un ensoleillement constant pour alimenter ses processeurs. Cela permettrait également de contourner les contraintes foncières et thermiques liées à l'installation de clusters massifs au sol.

Ce projet marque une convergence nette entre les différentes entités dirigées par le milliardaire. SpaceX assurerait la logistique orbitale tandis que Tesla fournirait l'intelligence nécessaire aux opérations. On assiste à une fusion des intérêts où le transport spatial devient le support physique de l'intelligence artificielle. Cette vision s'inscrit dans une stratégie globale visant à créer un écosystème technologique totalement autonome et verticalement intégré.

Le revirement stratégique de l'architecture AI5

Il y a encore quelques mois, l'avenir de Dojo semblait pourtant compromis. Durant l'été 2025, la direction avait pris la décision radicale de suspendre les travaux. Les équipes furent dispersées et les ressources réallouées aux puces embarquées dans les véhicules. Tesla souhaitait alors privilégier l'efficacité immédiate au sein de ses voitures électriques plutôt que de poursuivre le développement d'une infrastructure de calcul distante.

Le vent a tourné. Sur le réseau social X, Elon Musk a confirmé que la finalisation du design de la puce AI5 changeait la donne. Ce nouveau composant maison doit servir de socle à la résurrection de Dojo3. Selon les déclarations du dirigeant, ce matériel offrirait des performances capables de tenir tête aux solutions Blackwell de NVIDIA. L'objectif est limpide : ne plus dépendre des fournisseurs tiers dont les délais de livraison et les marges pèsent sur les finances du groupe.

Tesla prévoit un cycle de renouvellement extrêmement rapide pour son matériel. Musk évoque une nouvelle génération de puces environ tous les neuf mois. C'est une cadence infernale pour le secteur des semi-conducteurs, mais elle est jugée indispensable pour ne pas se laisser distancer par la Silicon Valley. En maîtrisant la conception du silicium, le constructeur espère réduire drastiquement ses coûts opérationnels tout en optimisant chaque transistor pour ses besoins spécifiques.

Apprendre à conduire grâce à des milliards de pixels

À quoi servira concrètement cette débauche de puissance ? La mission principale de Dojo3 reste l'entraînement des réseaux neuronaux. Les voitures Tesla en circulation génèrent un flux colossal d'informations visuelles. Pour que le logiciel Full Self-Driving progresse, il doit analyser et comprendre des milliards de séquences vidéo issues de situations réelles rencontrées sur la route. Dojo3 agira comme un gigantesque cerveau numérique capable de digérer ces données à une vitesse que les infrastructures classiques ne peuvent atteindre.

Le perfectionnement du pilotage automatique n'est qu'une étape. Cette puissance de calcul sera également mise au service d'Optimus, le robot humanoïde de la marque. Pour que cette machine puisse évoluer dans un environnement humain de manière fluide, elle nécessite une capacité d'apprentissage par imitation et par simulation massive. Tesla ne se voit plus comme un simple fabricant d'automobiles, mais comme une société de robotique spécialisée dans l'IA appliquée au monde physique.

Le groupe traverse une période de transformation profonde. Alors que la vente de véhicules électriques connaît un ralentissement global, Musk réoriente ses forces vers les services autonomes. Son plan prévoit le déploiement d'un million de robots ainsi qu'une flotte équivalente de taxis sans chauffeur. Pour atteindre de tels volumes, l'infrastructure de serveurs doit suivre le rythme, ce qui explique l'urgence de remettre Dojo3 sur les rails.

Un investissement colossal face aux géants du secteur

Tesla ne cache plus ses intentions de jouer dans la cour des grands de l'IA. Pour rappel, l'entreprise a déjà investi des sommes astronomiques dans l'achat de cartes graphiques H100 auprès de NVIDIA. Musk avait mentionné un budget de près de 10 milliards de dollars dédié uniquement à l'entraînement de l'intelligence artificielle pour l'année en cours. Le cluster nommé Cortex, installé au Texas, témoigne déjà de cette montée en puissance avec ses milliers d'unités de calcul.

En interne, le projet Dojo est souvent perçu comme un pari risqué. La construction d'un supercalculateur à partir de zéro est une tâche que peu d'entreprises osent entreprendre sans l'aide d'acteurs historiques comme Intel ou AMD. Pourtant, l'expérience acquise avec xAI, une autre société de Musk qui gère le cluster Colossus comptant 100 000 puces H100, semble nourrir les ambitions de Tesla.

La concurrence observe ce retour avec une certaine méfiance. Si Tesla réussit à produire une puce AI5 aussi performante que promis pour un coût inférieur, l'équilibre du marché pourrait basculer. Le constructeur passerait alors du statut de client majeur à celui de concurrent direct pour les fournisseurs de matériel informatique. Cette indépendance technologique est le pivot de la stratégie de Musk pour garantir la pérennité de son empire face à la montée en puissance des constructeurs chinois et des géants du logiciel.