Ferrari réinvente le moteur thermique avec des pistons aux formes atypiques
Même si le secteur automobile se tourne massivement vers l'électrique, Ferrari refuse d'abandonner le moteur à explosion. La célèbre marque italienne vient de surprendre l'industrie en déposant un brevet audacieux qui transforme radicalement la structure des pistons pour gagner de la place sous le capot.
Alors que la roue et le piston cylindrique semblent avoir atteint leur perfection depuis des siècles, les ingénieurs de Maranello cherchent encore à bousculer les codes. Un document publié au printemps 2025 révèle que Ferrari travaille sur un moteur dont les chambres de combustion ne sont plus rondes. Ce concept prévoit des pistons de forme oblongue, une silhouette qui rappelle un rectangle aux extrémités arrondies, afin d'optimiser l'espace interne de la mécanique. Cette innovation arrive au moment même où l'entreprise prépare sa toute première voiture entièrement électrique, dont la sortie est programmée pour l'année 2026.
Une inspiration venue du passé et de l'aviation
L'idée de s'éloigner du cercle parfait n'est pas totalement nouvelle dans l'histoire des sports mécaniques. Le constructeur japonais Honda s'y était déjà essayé dès la fin des années soixante-dix. Cette aventure technologique avait abouti à la création de la mythique Honda NR 750, une moto de légende équipée de pistons réellement ovales. Cependant, Ferrari propose une approche différente. Là où Honda alignait ses pièces parallèlement à l'axe de rotation du moteur, la firme italienne choisit une disposition perpendiculaire.

Pour gagner encore plus de centimètres, Ferrari s'inspire également de solutions venues de l'ancienne aéronautique. Le brevet mentionne l'usage de bielles siamoises. Ce dispositif permet de connecter deux pistons sur un seul point du vilebrequin sans aucun décalage latéral. En réduisant la longueur de l'arbre moteur, les ingénieurs peuvent ainsi concevoir un bloc beaucoup plus compact. Cette prouesse technique faciliterait l'installation de moteurs électriques supplémentaires, une configuration que l'on observe déjà chez certains concurrents comme sur la Lamborghini Revuelto.

Les nombreux défis d'une telle architecture
Malgré le prestige de la marque au cheval cabré, ce moteur d'un nouveau genre doit faire face à des obstacles physiques importants. La forme allongée du piston augmente les risques de basculement à l'intérieur du cylindre, ce qui pourrait accélérer l'usure des parois. De plus, garantir une étanchéité parfaite avec des segments qui ne sont pas circulaires reste une opération complexe. La combustion du mélange d'air et de carburant risque aussi d'être moins efficace que dans une chambre ronde classique, où la flamme se propage de manière plus uniforme.
Un autre point délicat concerne les vibrations. L'utilisation de bielles de tailles potentiellement différentes pourrait engendrer un déséquilibre mécanique difficile à compenser. Pourtant, cette recherche montre que Ferrari souhaite préserver l'âme de ses moteurs atmosphériques tout en respectant les futures contraintes environnementales. En cherchant à miniaturiser ses blocs thermiques pour mieux les hybrider, le constructeur prouve que le plaisir de la mécanique traditionnelle a encore de beaux jours devant lui.