Grok et les dérives pornographiques : le double jeu d'Elon Musk face aux régulateurs
La tension monte entre les autorités britanniques et le propriétaire de X alors que l'intelligence artificielle maison semble incapable de freiner la création d'images à caractère sexuel non consenties. En dépit des annonces officielles publiées par le compte de sécurité de la plateforme mi-janvier 2026, les barrières techniques destinées à empêcher la génération de deepfakes pornographiques s'avèrent d'une fragilité déconcertante.
Une protection payante qui manque d'étanchéité
Elon Musk tente de calmer le jeu avec une approche purement commerciale en limitant désormais l'accès aux outils de retouche d'images aux seuls membres Premium. Cette décision vise officiellement à identifier les auteurs d'abus par le biais de leurs informations de paiement. Pourtant, plusieurs experts techniques et des journalistes spécialisés ont réussi à franchir ces obstacles sans dépenser le moindre centime. L'accès aux fonctionnalités d'édition via l'application mobile reste ouvert aux comptes gratuits dans de nombreuses configurations, ce qui rend la défense de X caduque. Le réseau social a également instauré un système de blocage géographique dans les pays disposant de lois strictes. Cette mesure sous-entend que dans les régions où la législation est plus souple, l'IA continue de permettre la création de visuels dénudés sans le consentement des personnes représentées.
La confrontation politique s'envenime avec Londres
Le climat est électrique entre le milliardaire et le 10 Downing Street. Keir Starmer, le Premier ministre britannique, se retrouve directement pris à partie par Elon Musk qui qualifie les méthodes gouvernementales de fascistes sur son propre réseau social. Cette virulence verbale fait suite aux travaux législatifs accélérés au Royaume-Uni pour durcir la répression contre la création de contenus pédopornographiques et de deepfakes. Le gouvernement s'appuie notamment sur l'extension de l'Online Safety Act, une loi dont les contours visent à tenir les dirigeants de plateformes personnellement responsables des contenus illégaux circulant sur leurs outils. On estime que le marché des contenus générés par IA à caractère sexuel a progressé de plus de 400 % en deux ans, une statistique qui pousse les régulateurs européens et britanniques à envisager une suspension pure et simple du service si aucune modération sérieuse n'est appliquée.
Le silence pesant des géants de la Silicon Valley
Pendant que X se bat contre les menaces de bannissement étatique, les regards se tournent vers Apple et Google. Les deux entreprises contrôlent les magasins d'applications indispensables au fonctionnement mobile de Grok. Historiquement, la firme à la pomme a toujours montré une grande fermeté concernant la distribution de services facilitant le harcèlement ou la pornographie. Pour l'heure, aucune mesure d'expulsion n'a été prise, mais la pression de l'opinion publique s'intensifie. Des tests récents menés par le média américain The Verge démontrent qu'il suffit de quelques secondes pour transformer un autoportrait classique en scène suggestive grâce aux outils de X. Cette facilité déconcertante à contourner les filtres de sécurité remet en question la volonté réelle de l'entreprise de protéger ses utilisateurs. Sans une réaction ferme des boutiques d'applications, le réseau social pourrait continuer à ignorer les alertes des défenseurs des droits humains.