Harman s'empare des technologies d'aide à la conduite de ZF pour 1,5 milliard d'euros
Le fournisseur automobile allemand ZF Friedrichshafen a officialisé la cession de sa division dédiée aux systèmes d'assistance à la conduite à Harman, une entreprise appartenant au groupe Samsung. Cette transaction s'élève à 1,5 milliard d'euros et marque une étape décisive dans la transformation du géant allemand. En se séparant de cette branche technologique, ZF cherche avant tout à assainir ses finances et à réduire son endettement massif, tout en se recentrant sur ses activités industrielles plus traditionnelles. Le transfert effectif des activités et des équipes devrait aboutir au cours de la deuxième moitié de l'année 2026.
Une stratégie de désendettement indispensable
Pour l'entreprise allemande, cette vente n'est pas un simple choix de portefeuille mais une nécessité économique. ZF traverse actuellement une zone de turbulences, à l'image de nombreux autres acteurs du secteur automobile en Europe qui font face à une baisse de la demande et à une transition énergétique coûteuse. Le directeur financier du groupe, Michael Frick, a d'ailleurs souligné que cette opération permettrait de diminuer les passifs financiers de l'entreprise d'environ 10 %.
Ce besoin d'argent frais s'explique en grande partie par les acquisitions majeures réalisées par le passé, notamment celle de Wabco en 2020, qui avait lourdement pesé sur la balance comptable. Dans un contexte où les taux d'intérêt et les coûts de production grimpent, réduire la dette devient une priorité absolue pour garantir la survie à long terme de ce pilier de l'industrie germanique.
L'avenir des salariés et des technologies cédées
Le périmètre de cette vente est vaste. Harman récupère l'ensemble des solutions informatiques, les systèmes de caméras intelligentes, les capteurs radars ainsi que les logiciels nécessaires au fonctionnement des aides à la conduite (ADAS). Ces technologies sont aujourd'hui essentielles pour la sécurité des véhicules modernes et constituent un socle vers la conduite autonome.
Sur le plan humain, cet accord prévoit le transfert de 3 750 collaborateurs actuellement rattachés à ces activités chez ZF. Ces ingénieurs et techniciens rejoindront les effectifs de Harman dès le second semestre 2026. Pour la filiale de Samsung, cette acquisition est une opportunité majeure de renforcer sa position sur le marché de l'électronique embarquée et de concurrencer d'autres grands noms comme Bosch ou Continental sur le segment des voitures connectées.
Un géant industriel en plein recentrage
Malgré ces mouvements stratégiques et les plans de restructuration annoncés ces derniers mois, ZF demeure un acteur colossal sur l'échiquier mondial. Avec un chiffre d'affaires atteignant 41,4 milliards d'euros pour l'année 2024, le groupe s'appuie sur un réseau impressionnant de 161 sites de production répartis dans 30 pays différents. À ce jour, l'entreprise emploie encore plus de 161 000 personnes à travers le globe.
L'objectif de la direction est désormais de concentrer ses investissements et ses forces vives sur ses domaines d'expertise historique. Cela concerne principalement la conception de châssis performants, le développement de chaînes motopropulseurs pour les moteurs électriques et thermiques, ainsi que les solutions pour les véhicules commerciaux et les applications industrielles lourdes. En simplifiant sa structure, ZF espère gagner en agilité et retrouver une rentabilité plus stable face à une concurrence asiatique de plus en plus agressive.
Cette mutation profonde illustre les difficultés rencontrées par les équipementiers historiques allemands. Ces derniers doivent jongler entre le maintien de leurs activités classiques et l'investissement dans des technologies d'avenir, tout en gérant une pression financière constante qui les pousse à des arbitrages douloureux mais jugés vitaux par leurs dirigeants.