Hyundai Nexo : le pari audacieux d'un SUV qui tourne le dos à la recharge électrique
Faire le plein en trois minutes chrono reste un luxe inaccessible pour les propriétaires de Tesla ou de Kia. Hyundai s'appuie pourtant sur cette force pour lancer la seconde mouture de son Nexo. Le géant coréen refuse de mettre tous ses œufs dans le même panier électrique classique. Malgré un réseau de distribution encore balbutiant sur le Vieux Continent, cette technologie séduit par sa polyvalence. On dénombre à peine une soixantaine de bornes de distribution d'hydrogène sur le territoire français actuellement. Ce manque criant d'infrastructures limite pour l'instant l'usage aux flottes d'entreprises ou aux conducteurs très organisés.
Une fiche technique taillée pour les grands voyageurs
La firme de Séoul a totalement revu sa copie technique depuis la première version apparue en 2018. Sous le capot, la pile à combustible gagne en rendement énergétique. Ce nouveau SUV promet désormais de parcourir plus de 650 kilomètres avant de repasser à la pompe. Contrairement aux accumulateurs au lithium qui perdent de leur superbe en plein hiver, l'hydrogène conserve une efficacité thermique remarquable par temps froid. La conduite demeure fluide et totalement silencieuse. C'est une proposition singulière face aux Tesla Model Y ou aux Toyota bZ4X qui s'appuient uniquement sur des batteries lourdes et souvent longues à régénérer.
L'héritage technologique au service de la sécurité
Peu de gens s'en souviennent, mais Hyundai fut le premier constructeur au monde à industrialiser un véhicule à pile à combustible dès 2013 avec l'ix35 Fuel Cell. Cette antériorité donne au groupe une avance considérable sur la gestion des risques liés au gaz sous pression. Le nouveau Nexo affiche d'ailleurs un score exemplaire de cinq étoiles lors des tests de sécurité Euro NCAP. Les réservoirs sont conçus pour résister aux chocs les plus violents sans la moindre défaillance. Selon le portail officiel de Hyundai, l'investissement massif dans cette filière s'inscrit dans une stratégie globale de décarbonation baptisée Hydrogen Vision 2040.
Une vitrine technologique plutôt qu'une offensive commerciale
Le prix au kilo de l'hydrogène vert, qui oscille souvent entre 15 et 18 euros, freine encore la démocratisation massive de ce mode de propulsion. Hyundai en est parfaitement conscient. Ce SUV ne vise pas des records de ventes immédiats dans l'hexagone. Il sert de laboratoire roulant pour prouver que l'autonomie ne doit pas forcément dépendre d'une prise de courant et d'une attente prolongée. En persistant sur cette voie, le constructeur se positionne comme le principal rempart face à l'hégémonie du tout-batterie. Les détails concernant les tarifs officiels et la date précise d'arrivée en concession restent très attendus.