L'anarchie urbaine de Taxi Chaos 2 fracasse la PlayStation 5
La nostalgie est une drogue dure qui finit souvent par empoisonner le présent. Dans le rétroviseur, les souvenirs de courses folles et de clients hurlants masquent parfois la réalité d'un genre qui s'était endormi sur ses lauriers mécaniques. Aujourd'hui, le bitume se réveille avec une fureur métallique qui ne demande qu'à exploser sur nos consoles de salon.
Le réveil brutal de la conduite arcade
La licence revient brûler la gomme sur PlayStation 5 avec une arrogance qui force le respect.

Focuspoint Studios ne fait pas dans la dentelle avec cette suite qui s'installe sur la machine de Sony avec une fureur renouvelée. Le studio semble avoir entendu les critiques sur le manque de personnalité du premier volet pour proposer une ville de San Valeda bien plus nerveuse. On quitte les rues aseptisées pour s'engouffrer dans une métropole où le code de la route semble avoir été rédigé par un cascadeur sous adrénaline pure. La sortie numérique immédiate permet de tâter le terrain avant que les versions physiques ne viennent flatter l'ego des collectionneurs sur Switch et PS5 au printemps. C'est un pari risqué sur un segment de niche, celui du score pur qui ne pardonne aucune erreur de trajectoire ni aucune hésitation devant le trafic dense.
Il ne s'agit plus de simplement transporter des clients pressés d'un point A à un point B sans encombre. Le défi se corse avec une menace omniprésente qui change radicalement la donne pour les chauffeurs chevronnés.
La guerre urbaine contre les machines
Les TaxiBots transforment chaque trajet en une partie de stock-car acharnée et sans merci.

Le véritable sel de cette expérience réside dans l'opposition frontale avec ces chauffeurs automatisés. Ces machines ne sont pas là pour décorer le paysage mais pour saboter votre gagne-pain avec une agressivité qui rappelle les pires heures du trafic urbain saturé. Vinny et Cleo, les derniers représentants de l'humanité derrière un volant, doivent zigzaguer entre des unités militaires et des obstacles qui surgissent sans prévenir sur la chaussée. Chaque course devient une lutte pour la survie où le client n'est qu'un prétexte pour déclencher des roquettes fixées au coffre ou slalomer dans un brouillard dangereux. On se retrouve loin de la promenade de santé, et c'est précisément ce que le public exigeait pour relever un niveau de difficulté souvent trop permissif par le passé.
Derrière cette façade de grand n'importe quoi organisé se cache une profondeur technique que les puristes scruteront avec une attention particulière. L'équilibre entre la vitesse et la destruction devient le point central de chaque mission réussie.
Une mécanique de précision sous le capot
Le choix du véhicule détermine votre survie bien plus que votre simple style visuel.

La physique des véhicules a bénéficié d'un soin particulier pour éviter l'effet de glisse incontrôlée qui parasitait les anciennes productions du genre. Les trois archétypes de conduite, Heavy, Sport et Drift, obligent à repenser totalement sa manière d'aborder les carrefours encombrés de San Valeda. Le modèle Heavy permet de pulvériser les TaxiBots récalcitrants au détriment de la vitesse pure, alors que le Drift demande des réflexes de pilote de rallye pour ne pas finir dans le décor. L'ajout de compétences de combat et d'utilitaires à équiper apporte une couche stratégique qui manquait cruellement aux jeux de course arcade traditionnels. On personnalise son taxi non pas pour la parade, mais pour transformer son outil de travail en une arme de destruction urbaine capable de forcer le passage.
Les développeurs ont compris que le public actuel demande plus qu'une simple boucle de gameplay répétitive sans véritable progression. Cette évolution vers un système d'équipement change la manière de percevoir chaque itinéraire.
Le verdict sans concession du bitume
Cette suite évite l'accident industriel grâce à une générosité et une nervosité bienvenues.

Au final, le titre parvient à s'extraire de l'ombre pesante de ses ancêtres pour proposer une partition solide. Le mode Histoire apporte une structure indispensable pour ceux qui se lassent vite du simple chronomètre, tandis que le mode Arcade reste le juge de paix pour l'élite du classement mondial. Curveball Games ne se trompe pas en misant sur le support physique, car il y a une satisfaction palpable à posséder l'objet après avoir dompté le chaos numérique. Ce n'est pas un titre qui cherche à plaire à la masse, mais une proposition brute qui s'adresse directement à ceux qui ont encore de la gomme brûlée dans le sang. Le rendez-vous est pris pour le printemps prochain pour les amateurs de boîtes plastifiées, mais le test de vérité commence dès maintenant sur vos écrans.
Toute l'actualité et les détails techniques sont disponibles sur le site officiel de Taxi Chaos pour suivre les prochaines mises à jour.