L'occulte s'invite au Far West avec l'annonce de The Dark West
Un nouveau studio indépendant nommé Black Hand vient de lever le voile sur sa première production. Ce titre mélangeant cow-boys et forces démoniaques tente de se faire une place dans le secteur très concurrentiel du jeu de rôle orienté action. Entre cartes de poker et duels sanglants, la proposition interroge autant qu'elle laisse sceptique.
Une frontière maudite entre mythe et réalité technique
Le studio Black Hand tente un pari risqué en fusionnant l'esthétique poussiéreuse du western avec l'horreur gothique la plus sombre.
Derrière ce projet se cache une équipe de vétérans ayant fait leurs armes sur diverses productions avant de se regrouper sous cette nouvelle bannière. Le jeu nous transporte dans une zone frontalière dévastée où la corruption occulte a remplacé les lois des hommes, forçant le joueur à naviguer entre deux factions opposées. D'un côté, l'Ordre affiche une droiture de façade qui cache une hypocrisie crasse, tandis que les Damnés assument leur déchéance pour espérer survivre un jour de plus. La structure narrative repose sur des choix moraux censés influencer le destin du protagoniste dans ce monde en pleine déliquescence. Cependant, au-delà de ces promesses d'écriture, les premières images diffusées soulèvent des doutes légitimes sur la capacité technique du studio à porter une telle ambition. L'utilisation du moteur Unity, bien que pratique pour le développement, ne semble pas exploitée à son plein potentiel ici.

La mécanique centrale repose sur un système d'équipement couplé à des compétences liées au hasard des cartes. En constituant des mains de poker, le joueur débloque des bonus de puissance indispensables pour terrasser des créatures cauchemardesques. Cette approche ludique originale peine toutefois à masquer des lacunes criantes dans la réalisation globale de l'œuvre.
Un rendu visuel qui peine à convaincre les habitués
Malheureusement, la technique ne semble pas suivre les intentions artistiques affichées par les développeurs dans leur communication.
Après avoir décortiqué la bande-annonce de présentation, le constat s'avère particulièrement sévère pour cette production qui accuse un retard graphique flagrant sur les standards actuels. Les environnements traversés par le personnage principal frappent par leur vacuité, offrant des plaines désertiques sans aucun détail ni vie organique. On se retrouve face à des textures datées et une gestion de la lumière qui manque cruellement de relief, donnant l'impression de parcourir une démo technique d'il y a dix ans. Les animations du héros, rigides et dénuées de poids, renforcent ce sentiment d'un développement qui manque encore de maturité ou de moyens financiers. On cherche désespérément un élément visuel capable de nous sortir de cette torpeur esthétique, mais le vide sidéral des décors l'emporte sur chaque plan. Même l'intégration annoncée d'un système de météo dynamique ne parvient pas à insuffler l'étincelle nécessaire à ce monde morne.

Le rythme des affrontements constitue un autre point de friction majeur qui risque de refroidir les amateurs d'action pure. Les échanges de tirs manquent de nervosité et les impacts sur les ennemis semblent presque inexistants lors des phases de combat montrées. Le manque de retour haptique visuel rend l'ensemble particulièrement plat et monotone.
Un gameplay qui manque cruellement de dynamisme
On est bien loin de l'adrénaline promise par les ténors du secteur qui dominent actuellement.
Le gameplay se résume, pour l'instant, à de simples séquences de tir monocordes où le joueur aligne des cibles statiques sans aucune stratégie apparente. Là où la concurrence mise sur une synergie complexe entre les pouvoirs et une mobilité accrue, le titre propose des déplacements lents et des interactions minimalistes avec l'environnement. Cette mollesse globale interroge sur l'intérêt réel de la progression, surtout quand on nous promet une survie exigeante face à la damnation éternelle. Si le système de cartes de poker apporte une touche d'originalité sur le papier, il peine à masquer une boucle de jeu qui semble terriblement répétitive dès les premières minutes. On espérait une intensité sauvage propre au mythe de la frontière, on se retrouve avec une promenade de santé sans aucune saveur. Les développeurs ont pourtant fait appel à un compositeur de musique folk reconnu pour la bande-son, un effort louable mais insuffisant.

Le studio Black Hand affirme pourtant vouloir construire ce titre main dans la main avec sa communauté pour rectifier le tir. Cette approche participative pourrait sauver les meubles si les retours des joueurs sont pris en compte de manière radicale avant la sortie définitive sur Steam.
Un chantier colossal pour éviter l'oubli immédiat
Il faudra bien plus que de la bonne volonté pour transformer ce projet bancal en une expérience mémorable.
Black Hand a annoncé une fenêtre de sortie pour la fin de l'année prochaine, ce qui laisse peu de temps pour une refonte graphique complète. Le chantier semble colossal tant les bases techniques paraissent fragiles face aux productions actuelles qui exploitent les dernières technologies de rendu. On attendait une direction artistique forte pour compenser le manque de polygones, mais l'ensemble reste désespérément générique et sans âme. Les joueurs sont habitués à un niveau d'exigence élevé, même pour de petits budgets, et ici, le compte n'y est tout simplement pas. Il faudra surveiller les prochaines présentations pour voir si les développeurs parviennent à insuffler un peu de vie dans ces décors désertiques. Sans un virage à cent quatre-vingts degrés concernant l'impact des combats, le titre risque de finir dans les tréfonds du catalogue Steam.

Pour le moment, l'annonce de ce titre laisse un goût d'inachevé et une pointe de déception chez les observateurs les plus attentifs. Le décalage entre le discours marketing et la réalité visuelle est trop marqué pour susciter un véritable enthousiasme. Espérons que les prochains mois permettront de corriger cette trajectoire inquiétante.
Lien vers la page Steam de "The Dark West"
À propos de l'auteur : Aurélien Hedouin grand passionné de jeux vidéo depuis son plus jeune âge, il pilote aujourd’hui l’actualité et les tests de jeux vidéo pour Conseil Direct, alliant son expertise technique à sa culture du gaming avec son franc-parler.
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