L'Opel Grandland Electric AWD s'impose comme le nouveau maître de la motricité hivernale
L'offensive électrique de Rüsselsheim franchit un cap technique majeur avec l'arrivée du Grandland Electric AWD. Armé d'une double motorisation et d'un châssis affûté, ce SUV familial promet une motricité sans faille sur les bitumes les plus ingrats sans sacrifier le confort de ses occupants. C'est un tournant pour la marque qui cherche à conjuguer efficacité énergétique et capacités de franchissement.
Une architecture à deux moteurs pour une efficacité redoutable
L'allemand mise enfin sur la transmission intégrale pour asseoir sa légitimité sur le segment très disputé des SUV électriques familiaux à haute performance.

En exploitant deux moteurs synchrones à aimants permanents, la firme au blitz propose une cavalerie cumulée de 325 chevaux. Le bloc principal situé sur l'essieu avant délivre l'essentiel de la force motrice tandis que l'unité arrière de 112 chevaux assure la stabilité et la relance en sortie de courbe. Sur les routes grasses ou les lacets enneigés, cette architecture offre un grip rassurant. On sent que les ingénieurs ont cherché à gommer l'inertie habituelle des véhicules à batteries grâce à un couple de 509 Nm disponible instantanément. C'est une réponse directe à une concurrence européenne qui peine parfois à marier puissance brute et progressivité sur sol glissant.
La gestion électronique de la traction s'adapte en temps réel pour éviter le patinage excessif des roues. Cette intelligence logicielle transforme radicalement l'expérience de conduite par rapport aux anciennes générations thermiques, souvent plus brusques dans leurs transferts de masse.
Un châssis haute technologie hérité de la plateforme STLA Medium
Le Grandland repose sur une base technique modulaire partagée avec son cousin français le Peugeot E-3008, mais il bénéficie de réglages de trains roulants spécifiques.

L'intégration d'une batterie de 73 kWh de type NMC (Nickel Manganèse Cobalt) permet de conserver un poids raisonnable tout en offrant une autonomie de 502 kilomètres. Il faut savoir que ces cellules proviennent de la gigafactory ACC située dans le nord de la France, marquant une volonté de souveraineté industrielle forte. Opel a fait le choix de ne pas alourdir inutilement le véhicule avec des accumulateurs géants, privilégiant ainsi l'agilité dynamique. Cette plateforme permet également une charge rapide efficace avec une courbe de puissance capable de regagner 80% d'énergie en une demi-heure. Selon les experts de L'Argus, cette homogénéité technique est le point fort du nouveau catalogue Stellantis.
L'aérodynamisme a été travaillé minutieusement en soufflerie pour atteindre un coefficient de traînée de 0,278 particulièrement bas pour un véhicule de ce gabarit. Cette finesse de pénétration dans l'air compense la consommation d'énergie plus élevée induite par la présence du second moteur électrique à haute vitesse.
Le confort mécanique au service de la précision de conduite
La technologie d'amortissement sélectif en fréquence constitue la véritable pépite cachée sous la robe de ce nouveau SUV germanique.

Contrairement à une suspension pilotée électroniquement, souvent coûteuse et complexe à entretenir, Opel utilise ici un système hydraulique passif intelligent. Sur les pavés urbains ou les chaussées dégradées, les amortisseurs s'assouplissent mécaniquement pour filtrer les vibrations parasites. À l'inverse, lors de changements d'appui brusques ou en conduite plus rythmée, ils se rigidifient pour limiter le roulis et stabiliser la caisse. En tant que journaliste automobile, je trouve ce choix particulièrement judicieux car il offre un excellent compromis sans alourdir la facture finale. La direction a également été recalibrée pour offrir un ressenti plus direct, typiquement germanique, loin de la sensation de flou de certains rivaux.
Le mode 4WD force l'utilisation permanente des deux moteurs pour garantir une sécurité active maximale dans la neige profonde. On apprécie la réactivité du système qui ajuste le couple entre les essieux en quelques millisecondes seulement sans aucune intervention humaine.
Sécurité nocturne et gestion intelligente des flux d'énergie
La visibilité nocturne monte d'un cran grâce au système Intelli-Lux HD qui projette un faisceau lumineux d'une précision chirurgicale sur la chaussée.

Ce dispositif d'éclairage matriciel utilise des milliers de pixels pour découper la zone éclairée et ne jamais éblouir les conducteurs venant en sens inverse. C'est un gain de sécurité majeur lors des trajets hivernaux où les journées sont courtes et les conditions météo souvent dégradées. À l'intérieur, les différents modes de conduite permettent de moduler la consommation électrique selon les besoins réels du trajet. Le mode Eco limite la puissance à 213 chevaux pour maximiser l'autonomie en ville ou sur voie rapide plate. Le mode Sport, quant à lui, privilégie une répartition 60/40 du couple pour donner un tempérament plus vif aux 325 chevaux.
On regrette simplement que la pompe à chaleur ne soit pas généralisée sur toutes les finitions de la gamme. Cet équipement demeure indispensable pour préserver l'autonomie par grand froid, surtout pour les clients résidant en régions montagneuses.
Un positionnement stratégique face aux ténors du marché électrique
Face à des rivaux installés comme le Volkswagen ID.4 GTX, l'Opel Grandland Electric AWD joue la carte d'une sobriété technique très efficace.

Le prix de départ, qui devrait se situer autour de 50 000 euros selon les premières estimations du marché, le place au cœur d'un segment disputé. Opel mise sur sa réputation de robustesse et sur un design plus affirmé pour séduire une clientèle familiale exigeante. On remarque une réelle montée en gamme dans l'habitacle avec l'utilisation de matériaux recyclés qui conservent un aspect qualitatif. L'ergonomie reste simple avec des commandes physiques pour la climatisation, ce qui est une excellente nouvelle pour la sécurité. La plateforme STLA Medium dégage un espace aux jambes généreux à l'arrière, faisant de ce SUV un véritable voyageur au long cours.
La garantie des batteries sur huit ans ou 160 000 kilomètres termine de rassurer les clients qui hésitent encore à franchir le pas. Opel confirme ainsi son ambition de devenir une marque exclusivement électrique en Europe à l'horizon 2028.
À propos de l'auteur : David Tavos met à profit une expertise terrain de premier plan. Après avoir collaboré durant plusieurs années avec deux grands constructeurs français et une marque de prestige allemande, il possède une connaissance pointue de la logistique technique et des composants automobiles. Passionné de mécanique, il décrypte l'actualité auto avec un œil d'expert sur la fiabilité et l'ingénierie.