La Dacia Logan 2026 s'invite clandestinement sur les routes françaises
Malgré le refus de la marque roumaine d'importer officiellement sa célèbre berline tri-corps, un spécialiste grenoblois force le destin. La nouvelle version restylée débarque enfin dans l'Hexagone grâce à une homologation spécifique. Sous le capot, l'arrivée d'un bloc 1.2 litre inédit change totalement la donne pour les gros rouleurs.
Une importation indépendante pour contourner les choix du constructeur
L'obstination finit parfois par payer pour les amateurs de coffres volumineux.
Abandonnée officiellement par son géniteur depuis le passage à la troisième génération, la Logan semblait condamnée à observer le marché tricolore depuis les frontières d'Europe de l'Est. Le groupe a préféré miser sur la Sandero et le Jogger pour satisfaire une clientèle friande de formats compacts ou familiaux polyvalents. Pourtant, une demande résiduelle persiste pour cette architecture classique à quatre portes, appréciée pour son profil statutaire et son volume de chargement. La société Borel, installée en Isère, a saisi cette opportunité en mettant en place un circuit d'approvisionnement parallèle permettant de contourner les choix stratégiques de la direction commerciale. Ce tour de force technique permet aux conducteurs français de prendre le volant d'un véhicule théoriquement banni de nos concessions.
L'opération demande une logistique complexe impliquant des démarches administratives individuelles pour chaque exemplaire traversant la frontière. Les véhicules doivent répondre aux normes environnementales actuelles tout en conservant leur attractivité tarifaire initiale. Ce canal de distribution unique transforme cette voiture économique en une curiosité exotique sur nos routes nationales.

Le design extérieur profite d'une mise à jour visuelle bienvenue malgré une certaine retenue technique.
On retrouve sur cette mouture 2026 la nouvelle identité visuelle avec le logo blanc qui trône fièrement au centre d'une calandre simplifiée. Les optiques adoptent la signature lumineuse en Y, un trait caractéristique qui modernise instantanément le regard de cette berline autrefois jugée trop austère. Si l'avant s'aligne sur les standards du récent Duster, la partie arrière stagne avec des blocs optiques inchangés par rapport à la version de 2020. Ce choix économique surprend car les modèles à hayon ont bénéficié de retouches plus profondes sur leurs signatures lumineuses respectives. Les boucliers ont toutefois été redessinés pour améliorer la circulation de l'air autour des passages de roues, optimisant ainsi la stabilité à haute vitesse.
L'habitacle suit cette logique de rafraîchissement avec des matériaux revus pour limiter les bruits de mobilier. La planche de bord intègre désormais des inserts en tissu sur les finitions hautes, offrant un aspect moins plastique au toucher. L'écran central tactile gagne en réactivité grâce à une mise à jour logicielle majeure.
Les secrets techniques du nouveau bloc moteur à bicarburation
La véritable métamorphose se cache en réalité sous le capot moteur.
L'intégration du bloc trois cylindres 1.2 turbo représente un saut qualitatif majeur par rapport à l'ancien moteur d'un litre. Cette mécanique, connue sous le code interne HR12, développe ici 120 chevaux et promet un agrément de conduite nettement supérieur en charge. Le couple grimpe de façon significative, ce qui s'avère crucial pour une voiture destinée à voyager avec armes et bagages. Borel ne se contente pas de livrer le moteur standard puisqu'il installe ses propres systèmes de bicarburation gaz de pétrole liquéfié de dernière génération. Cette installation permet de profiter d'un carburant dont le tarif à la pompe reste imbattable, tout en bénéficiant de la vignette Crit'Air 1. La gestion électronique a été finement calibrée pour assurer un passage imperceptible d'une énergie à l'autre.
Les performances progressent sans pour autant transformer la berline en foudre de guerre. Le 0 à 100 km/h est désormais franchi en moins de 10 secondes sur les versions les plus légères. Cette polyvalence accrue justifie l'intérêt des chauffeurs de taxi ou des professionnels de la route cherchant l'économie.

La transmission automatique fait son apparition pour soulager les conducteurs urbains.
Proposée en option sur les finitions supérieures, la boîte de vitesses à double embrayage EDC6 transfigure l'expérience de conduite. Ce système à six rapports permet de gommer les saccades fréquentes sur les anciennes boîtes pilotées de la marque. Le surcoût de 1 600 euros pour cette technologie reste cohérent avec le positionnement budgétaire global du modèle. Elle est exclusivement associée à la motorisation au gaz, un choix technique qui privilégie le confort de marche et l'économie d'utilisation sur le long terme. Les passages de rapports sont rapides et la gestion logicielle évite les montées en régime inutiles qui pénalisent souvent la consommation réelle. C'est un atout majeur face à une concurrence qui délaisse souvent le segment des petites berlines automatiques abordables.
Le volume du réservoir de gaz a été optimisé pour ne pas empiéter sur l'espace dévolu aux passagers. Il prend place dans le logement de la roue de secours, préservant ainsi l'intégralité de la soute. L'autonomie cumulée dépasse ainsi les mille kilomètres sans aucune difficulté.
Une habitabilité record qui bouscule la hiérarchie interne
L'espace de chargement devient l'argument massue face à la citadine Sandero.
Avec 528 dm3 de capacité, le coffre de la Logan surpasse littéralement des véhicules de la catégorie supérieure. C'est l'atout principal de cette carrosserie qui propose vingt centimètres de longueur supplémentaire pour loger des objets encombrants. L'empattement allongé de 5 centimètres offre également une aisance supérieure pour les jambes des occupants installés sur la banquette arrière. Ce gain de confort n'est pas négligeable lors des longs trajets familiaux où chaque millimètre compte pour éviter la fatigue. L'aérodynamique a été particulièrement travaillée, affichant un coefficient de traînée inférieur à celui de sa petite sœur à hayon. Cela se traduit par une consommation de carburant réduite de quelques décilitres sur autoroute, malgré un gabarit plus imposant.
La modularité reste basique avec une banquette rabattable en deux parties selon les versions choisies. L'accès par la malle limite le transport d'objets très hauts comme des meubles en kit. On gagne en volume ce que l'on perd en praticité d'ouverture au quotidien.

Le volet financier demande une analyse rigoureuse avant de signer le bon de commande.
Le prix d'appel fixé à 17 700 euros place cette Logan dans une zone tarifaire inhabituelle. Il faut garder à l'esprit que ce montant inclut les frais liés à l'homologation individuelle et le savoir-faire de l'importateur. Comparativement à une Sandero, l'écart de prix peut atteindre plusieurs milliers d'euros selon les options sélectionnées. La version Journey, qui représente le sommet de la gamme avec la boîte automatique, franchit la barre des 21 000 euros. À ce niveau de prix, la question de la concurrence interne se pose sérieusement face au nouveau Duster. Cependant, l'équipement reste complet avec la climatisation régulée, le frein de parking électrique et les aides à la conduite devenues obligatoires.
La garantie constructeur de trois ans ou 100 000 kilomètres est intégralement maintenue par l'importateur grenoblois. Les opérations de maintenance courante peuvent être réalisées dans n'importe quel garage du réseau de la marque. Cette sécurité rassure les acheteurs potentiels hésitant à quitter le circuit de distribution classique.
Les modalités d'entretien et les garanties offertes par l'importateur
Les pièces de rechange spécifiques constituent le seul point de vigilance réel pour l'acheteur.
En cas de choc arrière, les éléments de carrosserie pourraient nécessiter des délais de livraison plus longs que pour une Sandero. Puisque le modèle n'est pas officiellement stocké dans les entrepôts de pièces détachées français, il faut parfois attendre un acheminement depuis les usines de Pitesti ou de Tanger. Les optiques arrière, bien que conservées de l'ancienne version, sont spécifiques à cette silhouette tri-corps. Hormis ces éléments de tôlerie, la quasi-totalité des composants mécaniques et électroniques est partagée avec le reste de la gamme. Les filtres, les plaquettes de freins ou les capteurs moteurs sont identiques à ceux utilisés sur des millions de véhicules en circulation. Cette standardisation garantit une fiabilité éprouvée et un coût d'entretien maîtrisé sur la durée.
L'importateur a d'ailleurs renforcé son service après-vente pour répondre spécifiquement à ces problématiques de logistique. Des accords avec des fournisseurs européens permettent de réduire les temps d'immobilisation en cas de pépin. Cette réactivité est un gage de sérieux pour une entreprise spécialisée depuis quarante ans.

La Logan 2026 incarne une résistance bienvenue face à la disparition des berlines classiques.
Ce modèle s'adresse à ceux qui refusent la domination des SUV et préfèrent la sobriété d'une ligne traditionnelle. Le travail sur le châssis assure un comportement routier sain, privilégiant le confort de suspension aux velléités sportives. Les routes dégradées ne lui font pas peur grâce à une garde au sol légèrement surélevée par rapport aux berlines standards du marché. C'est une voiture pragmatique qui ne cherche pas à impressionner par des artifices inutiles ou des gadgets technologiques superflus. La présence de ce moteur 1.2 turbo de 120 chevaux lui redonne une noblesse mécanique qu'elle avait perdue avec les petits blocs atmosphériques. En choisissant la bicarburation, le propriétaire s'offre une tranquillité d'esprit économique face aux fluctuations des prix de l'énergie.
Le marché français voit ainsi revenir une vieille connaissance par un chemin détourné. Ce retour discret prouve que le besoin de véhicules simples et spacieux reste une réalité concrète. Cette alternative mérite l'attention de ceux qui calculent chaque euro dépensé dans leur mobilité.
Un bilan financier pertinent malgré un tarif de niche
Le pari de Borel semble judicieux dans un contexte de forte inflation automobile.
En proposant une voiture déjà éprouvée mais techniquement mise à jour, l'importateur répond à une attente précise. Le passage aux nouvelles normes de sécurité européennes GSR2 a été parfaitement anticipé sur ce modèle restylé. On y retrouve donc le freinage d'urgence automatique, l'aide au maintien dans la voie et la reconnaissance des panneaux de signalisation. Ces équipements sécuritaires ne dénaturent pas l'aspect accessible du véhicule mais l'inscrivent dans la modernité nécessaire. L'absence de malus écologique sur la version gaz renforce encore son attractivité face à des motorisations essence classiques lourdement taxées. C'est une stratégie de niche qui pourrait bien rencontrer un succès inattendu auprès des flottes d'entreprises ou des services publics locaux.
La Logan ne sera jamais une star des ventes dans cette configuration, mais elle remplit sa mission avec sérieux. Sa discrétion esthétique cache une efficacité redoutable pour qui sait apprécier ses qualités intrinsèques. Le choix de la raison prend ici tout son sens.

Une attention particulière a été portée à l'insonorisation lors de ce restylage de mi-carrière.
Les ingénieurs ont ajouté des isolants phoniques supplémentaires au niveau du tablier avant pour filtrer les vibrations du nouveau moteur 1.2 litre. Cette amélioration transforme radicalement l'expérience sonore sur autoroute, rendant les conversations plus audibles à haute vitesse. Le vitrage latéral a également été légèrement épaissi pour limiter les bruits aérodynamiques autour des montants de pare-brise. Ces détails prouvent que Dacia cherche à monter en gamme sans pour autant sacrifier ses fondamentaux économiques. Les sièges bénéficient d'une nouvelle mousse à haute densité offrant un meilleur maintien latéral lors des passages en courbe. On se sent moins fatigué après quelques heures de route, un point crucial pour les utilisateurs professionnels.
L'offre de Borel inclut désormais une assistance routière spécifique valable sur l'ensemble du territoire européen. Ce service complète la garantie initiale pour offrir une sérénité totale aux clients s'aventurant loin de leurs bases. Le sérieux de l'accompagnement compense largement l'absence de présence dans le réseau officiel.
L'avenir de la berline low-cost passera par ces initiatives audacieuses de spécialistes passionnés.
À propos de l'auteur : David Tavos met à profit une expertise terrain de premier plan. Après avoir collaboré durant plusieurs années avec deux grands constructeurs français et une marque de prestige allemande, il possède une connaissance pointue de la logistique technique et des composants automobiles. Passionné de mécanique, il décrypte l'actualité auto avec un œil d'expert sur la fiabilité et l'ingénierie.
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