La Donkervoort P24 RS gifle violemment le monde des supercars aseptisées

Jan 24, 2026Par David Tavos, Expert Automobile
David Tavos, Expert Automobile

Oubliez les assistances intrusives et les écrans envahissants pour vous concentrer sur le bitume. La manufacture néerlandaise de Lelystad dévoile son nouveau monstre, une machine brute de 600 chevaux qui repousse les limites de la physique avec un rapport poids-puissance démoniaque. Voici le récit d'une rencontre avec l'automobile à l'état sauvage.

Le choc visuel est immédiat.

Je pèse mes mots en affirmant que cette P24 RS est sans aucun doute la plus belle réussite esthétique de l'histoire de la marque. Sa carrosserie affiche une agressivité rare, sculptée pour fendre l'air tout en conservant cet ADN de roue ouverte qui fait la légende de l'enseigne. Les ingénieurs ont réussi à intégrer des éléments en carbone apparent qui soulignent une musculature sèche, presque organique. On sent que chaque ligne a été dictée par la recherche de performance pure, loin des compromis marketing habituels. C'est un objet sculptural qui semble prêt à bondir même à l'arrêt, imposant un respect immédiat par son allure de prédateur des circuits. J'adore cette silhouette qui assume totalement sa sauvagerie technique.

Mais le spectacle ne s'arrête pas à cette plastique intimidante. Sous cette peau de carbone se cache un cœur mécanique qui bat au rythme de la démesure technologique. Six cents chevaux pour moins de huit cents kilos.

Un rapport poids-puissance qui défie les lois de la physique

Le bloc moteur de 3,5 litres est positionné si bas que le centre de gravité semble enterré dans le bitume.

Donkervoort P24 RS
Donkervoort P24 RS. Source : Donkervoort

Avec un couple colossal de huit cents Newton-mètres disponible jusqu'à la zone rouge, les accélérations promettent de broyer vos cervicales pour atteindre les 100 km/h en un temps record. La particularité réside dans cette modularité inédite permettant de brider la bête à 400 ou 500 chevaux selon l'humeur du pilote ou les conditions climatiques. Cette mécanique utilise des échangeurs de chaleur sortis des paddocks de Formule 1, produits par impression 3D pour garantir une stabilité thermique optimale lors des sessions de piste les plus intenses. Ce choix technologique permet de maintenir une puissance constante même sous des contraintes extrêmes de G latéraux. On remarque que le rapport poids-puissance descend ici à 1,3 kg par cheval, ce qui pulvérise la plupart des productions italiennes actuelles.

Pour dompter une telle furie, l'humain doit faire corps avec la machine sans l'aide de béquilles électroniques castratrices. La boîte manuelle à cinq rapports devient alors l'outil indispensable d'une symphonie mécanique d'un autre temps. C'est le retour du pilotage cérébral et physique.

L'homme redevient le seul maître à bord.

Donkervoort P24 RS
Donkervoort P24 RS. Source : Donkervoort

La structure brevetée Fort-Ex assure une rigidité torsionnelle exceptionnelle, cruciale pour encaisser des accélérations latérales dépassant les 2,3 G. Contrairement aux hypercars modernes qui filtrent les sensations, la P24 RS transmet chaque imperfection de la route directement dans les paumes du conducteur via une direction non assistée. Ce choix radical garantit une lecture millimétrique de la trajectoire, rendant chaque virage gratifiant pour celui qui ose pousser le châssis dans ses retranchements. On est loin de la conduite gérée par algorithme car ici, c'est votre talent seul qui définit la vitesse de passage en courbe. C'est une expérience sensorielle totale qui demande une attention de chaque instant pour ne pas se laisser surprendre par le train arrière.

Le système aérodynamique amovible vient renforcer cette polyvalence, transformant ce jouet de route en véritable bête de compétition. Les phares Aero Blade ne sont pas là uniquement pour l'esthétique puisqu'ils canalisent le flux d'air pour plaquer l'avant. Les ingénieurs ont travaillé sur la réduction de la traînée sans sacrifier l'appui indispensable à haute vitesse.

L'art de la personnalisation sans aucune limite

La vitesse de pointe culmine à 290 km/h.

Donkervoort P24 RS
Donkervoort P24 RS. Source : Donkervoort

Fabriquée à la main dans les ateliers de Lelystad, cette itération sera limitée à seulement 150 exemplaires pour le monde entier. Déjà, plus d'un tiers des bons de commande ont trouvé preneur, confirmant l'attrait des collectionneurs pour les mécaniques authentiques. Le prix de départ, aux alentours de 245 000 euros hors taxes, place l'engin dans une sphère d'exclusivité totale, face à des concurrentes souvent deux fois plus lourdes. Chaque acheteur peut configurer son habitacle au millimètre, choisissant la présence ou non de la climatisation électrique pour gagner les derniers grammes superflus. La technologie EX-CORE, propre à la marque, permet d'obtenir des pièces en carbone d'une légèreté et d'une solidité jamais vues dans l'industrie.

La longévité de l'entreprise familiale, qui fête bientôt ses cinquante ans, prouve que la passion pour la légèreté n'a pas pris une ride. La P24 RS s'inscrit comme le sommet de cet héritage sans concession. C'est un vibrant hommage à l'ingénierie mécanique pure.

Une pièce de collection déjà iconique.

Donkervoort P24 RS
Donkervoort P24 RS. Source : Donkervoort

Posséder une Donkervoort, c'est s'offrir un costume sur mesure capable d'humilier des Ferrari sur leur propre terrain. Les options vont bien au-delà de la simple teinte de carrosserie, puisqu'on peut opter pour des freins ABS réglables manuellement ou des plaquettes optimisées pour l'endurance pure. L'intérieur est un sanctuaire de carbone et de cuir fin, où le logo du propriétaire peut être incrusté dans les garnitures selon ses désirs les plus fous. C'est cette proximité avec l'artisanat qui rend l'expérience unique, loin des chaînes de production robotisées des grands constructeurs mondiaux qui inondent le marché actuel. C'est un luxe authentique qui se mérite et se pilote avec respect pour la mécanique.

Ce modèle représente l'aboutissement d'une vision où le plaisir de pilotage prime sur les gadgets technologiques superflus. Elle envoie un message fort à une industrie qui semble oublier l'essence même de l'émotion automobile. Le constructeur prouve qu'on peut encore surprendre sans artifice.

Le plaisir brut n'a jamais été aussi beau.

À propos de l'auteur : David Tavos met à profit une expertise terrain de premier plan. Après avoir collaboré durant plusieurs années avec deux grands constructeurs français et une marque de prestige allemande, il possède une connaissance pointue de la logistique technique et des composants automobiles. Passionné de mécanique, il décrypte l'actualité auto avec un œil d'expert sur la fiabilité et l'ingénierie.