La future BMW i3 entame sa phase de rodage industriel à Munich

Feb 04, 2026Par David Tavos, Expert Automobile
David Tavos, Expert Automobile

Le site historique du constructeur bavarois franchit une étape décisive avec l'assemblage des premières unités de pré-série de sa berline électrique. Ce tour de chauffe technique permet de valider les nouveaux outils de fabrication avant le lancement commercial prévu pour la fin de l'année prochaine. Munich se transforme pour accueillir une plateforme inédite qui doit porter les ambitions mondiales de la marque.

Une métamorphose radicale pour l'usine historique du groupe

Les robots s'activent désormais sur les nouvelles chaînes de montage installées au cœur de la capitale bavaroise.

BMW i3
Source : BMW

Pour accueillir ce modèle basé sur l'architecture Neue Klasse, le constructeur a injecté près de 650 millions d'euros dans la modernisation de ses infrastructures. Cette somme colossale a permis de bâtir quatre nouveaux bâtiments de production et une ligne d'assemblage de batteries haute tension à proximité immédiate des zones de montage. Contrairement aux générations précédentes, cette installation privilégie une flexibilité totale afin d'absorber les futures variations du marché de l'électrique. Chaque recoin du site a été repensé pour optimiser les flux logistiques tout en réduisant l'empreinte carbone globale du processus de fabrication. Selon les informations partagées par le BMW Group, l'usine passera au tout électrique d'ici la fin de l'année 2027.

Cette mutation industrielle profonde prépare le terrain pour un virage historique sans précédent. Le site de Munich abandonnera progressivement les motorisations thermiques pour se consacrer exclusivement à cette nouvelle génération de véhicules à batterie.

Des prototypes pour tester les limites de la production

L'excellence opérationnelle passe obligatoirement par une phase de tests grandeur nature en conditions réelles.

Fabriquer quelques exemplaires isolés permet de déceler les moindres grains de sable dans l'engrenage industriel avant d'atteindre la cadence maximale. Peter Weber insiste sur le fait que ses équipes vérifient actuellement la compatibilité parfaite entre les composants physiques et les systèmes numériques de pilotage. Chaque soudure et chaque couche de peinture appliquée dans les nouveaux ateliers subit des contrôles drastiques pour atteindre les standards de qualité requis. Les flux de pièces détachées sont également mis à l'épreuve pour garantir que l'approvisionnement ne souffrira d'aucun retard lors de la montée en puissance finale. Les données récoltées durant ces essais servent quotidiennement à peaufiner les réglages des machines et les gestes des opérateurs en bout de ligne.

Ce laboratoire industriel garantit une transition sans accroc vers la production de masse. L'enjeu est de taille car cette berline doit rivaliser avec les références actuelles du segment, notamment la Tesla Model 3 qui domine les ventes européennes.

Le savoir-faire humain soutenu par la réalité virtuelle

La technologie la plus avancée ne remplace pas l'expertise irremplaçable des techniciens de l'atelier.

Pour maîtriser la complexité de cette nouvelle architecture de 800 volts, le personnel bénéficie d'un programme pédagogique utilisant massivement les casques de réalité augmentée. Ces outils permettent d'apprendre les séquences de montage les plus délicates dans un environnement numérique sécurisé avant de manipuler les véhicules réels. Cette méthode réduit le stress lié à l'apprentissage de nouveaux postes de travail tout en accélérant la montée en compétence globale de l'usine. La collaboration entre les ingénieurs du centre de recherche et les techniciens de production assure une transmission fluide des connaissances techniques essentielles à la réussite du projet. L'objectif final est de créer une harmonie entre les automatismes robotisés et la précision du geste manuel pour chaque étape du montage.

Le calendrier industriel reste serré mais semble parfaitement maîtrisé par la direction du groupe. Les premiers clients pourront prendre livraison de cette nouvelle icône électrique dès le second semestre de l'année 2026 selon les prévisions actuelles.

Un enjeu stratégique majeur face à une concurrence féroce

Le segment des berlines électriques premium ne laisse aucune place à l'approximation ou au doute.

BMW i3
Source : BMW

Avec l'arrivée massive des constructeurs asiatiques et la domination des acteurs américains, la marque mise sur son héritage industriel pour marquer sa différence. Le lancement de la production en série coïncidera avec une phase charnière pour le marché automobile européen où l'efficience devient le principal critère d'achat. Les analystes de chez Reuters prévoient une accélération de la demande pour des véhicules offrant une polyvalence réelle entre usage urbain et longs trajets. La i3 devra prouver que son autonomie, annoncée en hausse de 30 % grâce à ses nouvelles cellules cylindriques, peut transformer l'expérience de conduite électrique. Les premiers retours issus des bancs de test confirment déjà des performances prometteuses en matière de vitesse de recharge et de gestion thermique des batteries.

Le succès de ce modèle déterminera en grande partie la rentabilité de l'entreprise pour la prochaine décennie. Chaque étape franchie à Munich est donc scrutée avec une attention particulière par les investisseurs et les observateurs du secteur automobile mondial.

À propos de l'auteur : David Tavos met à profit une expertise terrain de premier plan. Après avoir collaboré durant plusieurs années avec deux grands constructeurs français et une marque de prestige allemande, il possède une connaissance pointue de la logistique technique et des composants automobiles. Passionné de mécanique, il décrypte l'actualité auto avec un œil d'expert sur la fiabilité et l'ingénierie.

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