La production de Stellantis en Europe chute à des niveaux historiquement bas

Jan 08, 2026Par Conseil Direct
Conseil Direct

Le groupe automobile Stellantis traverse une zone de fortes turbulences avec une activité industrielle en net recul au cours de l'année 2025. En Italie, les volumes de fabrication ont chuté de manière spectaculaire, atteignant des seuils qui n'avaient plus été observés depuis le milieu des années cinquante.

L'industrie automobile italienne subit un coup d'arrêt majeur qui marque durablement l'année 2025. Les données publiées par le syndicat FIM-CISL, relayées par plusieurs médias financiers, révèlent que Stellantis a produit moins de 380 000 véhicules sur le sol italien durant cette période. Ce résultat représente une baisse de 25 % par rapport à l'année précédente et place le constructeur à un niveau d'activité équivalent à celui de 1955, époque où Fiat commençait à peine son essor industriel de masse.

Cette situation critique coïncide avec une transition importante à la tête de l'entreprise. Antonio Filosa a pris la direction opérationnelle du groupe en remplacement de Carlos Tavares, avec pour mission immédiate de stabiliser une structure fragilisée par une demande en berne et des stocks trop importants, particulièrement sur le marché nord-américain. Pour approfondir le sujet, vous pouvez consulter les dernières analyses de Bloomberg sur les défis du secteur automobile.

Une activité industrielle réduite de moitié en deux ans

Si l'on compare ces chiffres aux performances récentes, le constat est encore plus frappant. La production actuelle ne représente que la moitié des volumes enregistrés en 2023, une année où le groupe sortait encore 750 000 unités de ses usines italiennes. Si l'on remonte avant la période de la crise sanitaire, la chute est encore plus vertigineuse puisque l'activité a été divisée par trois.

Les difficultés se sont particulièrement fait sentir sur le segment des voitures de tourisme, dont la fabrication a plongé de 36 % sur les neuf premiers mois de l'année. Heureusement, le secteur des utilitaires légers a permis d'amortir légèrement ce déclin, ramenant la baisse globale à environ 20 % sur l'ensemble de l'exercice annuel.

Les sites de production ont été durement éprouvés par des arrêts techniques fréquents. L'usine de Cassino a ainsi connu 105 journées d'inactivité au cours de l'année. De plus, la concurrence interne inquiète les représentants des salariés. L'arrivée de la citadine électrique T03, issue du partenariat avec le constructeur chinois Leapmotor, crée une pression directe sur des modèles historiques comme la Fiat Pandina, toujours assemblée à Melfi.

Des lueurs d'espoir portées par la technologie hybride

Pour tenter de redresser la barre, Stellantis mise désormais sur une stratégie de motorisations mixtes. Le ralentissement des ventes de voitures totalement électriques a poussé le groupe à réorienter ses investissements. À Turin, le site de Mirafiori a débuté la fabrication d'une nouvelle Fiat 500 hybride à la fin du mois de novembre. L'objectif est ambitieux : produire 100 000 exemplaires de ce modèle pour compenser le désamour relatif des consommateurs pour la version électrique.

Dans le sud de l'Italie, l'usine de Melfi accueille de son côté la production du nouveau Jeep Compass. Ces lancements récents sont perçus comme des bouffées d'oxygène indispensables pour maintenir l'emploi et l'outil industriel dans la péninsule. Cette réactivité face aux besoins du marché est essentielle, alors que le gouvernement italien multiplie les échanges avec la direction du groupe pour préserver la souveraineté industrielle du pays.

Une situation contrastée sur le territoire français

De ce côté-ci des Alpes, le bilan n'est guère plus réjouissant, même si les perspectives semblent légèrement plus stables. En 2024, Stellantis a atteint un point bas en France avec seulement 565 000 véhicules produits, soit une baisse notable par rapport aux objectifs initiaux. Pour l'année 2025, le groupe espère toutefois franchir à nouveau la barre des 650 000 unités.

Ce rebond espéré repose sur le succès de modèles clés comme les Peugeot 3008 et 5008, ainsi que sur le lancement de la production du Citroën C5 Aircross dans l'usine de Rennes. Malgré ces signaux encourageants, une ombre plane sur l'avenir du site de Poissy. Les incertitudes liées à l'évolution de la demande européenne et à la transition énergétique font craindre de nouvelles réductions de cadence dans les années à venir.

L'ensemble des acteurs du secteur attend désormais avec impatience la présentation du futur plan stratégique de Stellantis, prévue pour la fin du premier semestre 2026. Ce document sera déterminant pour comprendre comment le groupe compte réorganiser sa présence industrielle en Europe et répondre aux enjeux climatiques tout en restant compétitif face à la montée en puissance des constructeurs asiatiques.