Le jardinier de l'espace qui va humilier les rois de la survie sauvage

Jan 14, 2026Par Conseil Direct
Conseil Direct

Il y a 300 000 ans, la Terre n'était qu'un enfer vert peuplé de brutes et de prédateurs affamés. Oubliez les lances et les silex, car la véritable puissance vient d'ailleurs. Un botaniste aux mains vertes s'apprête à transformer notre préhistoire en un laboratoire à ciel ouvert dès le 16 février sur Steam.

Des vétérans de l'enfer vert changent de braquet

Le sang et la sueur ne font plus recette dans le petit monde saturé de la survie en forêt.

Quand on voit débarquer Space Goblin Studio, on ne s'attend pas forcément à une balade bucolique entre les fougères géantes. Pourtant, ces types-là savent de quoi ils parlent. Fondé par des transfuges de Creepy Jar et Techland, le studio porte dans son ADN les stigmates de Green Hell et Dying Light. Autant dire que la survie, ils la mangent au petit-déjeuner. Mais ici, le virage est brutal. Finies les sangsues qui vous bouffent les jambes et la folie qui guette à chaque coin de buisson. Astrobotanica nous jette dans la peau d'un extraterrestre échoué sur une Terre préhistorique avec une seule obsession : la botanique. C’est un contre-pied total aux standards du genre qui misent d'ordinaire sur la brutalité crasse.

Le concept s'éloigne radicalement de la concurrence pour imposer une vision où le cerveau remplace les muscles.

La science comme arme de survie massive

La curiosité devient la ressource la plus précieuse de votre inventaire.

ASTROBOTANICA
ASTROBOTANICA. Source : Space Goblin Studio

Sur le papier, se retrouver sur notre planète il y a 300 000 ans sans pouvoir respirer l'air ambiant ressemble à un arrêt de mort immédiat. Le gameplay s'articule autour de cette contrainte technique majeure. On ne se contente pas de ramasser du bois pour faire un feu, on analyse la structure moléculaire de la flore locale pour survivre. Cette approche rappelle les meilleures heures de Subnautica, où la compréhension de l'écosystème primait sur la domination de celui-ci. Le jeu nous force à interagir avec des humains primitifs, non pas pour les massacrer, mais pour les aider. C'est un choix éditorial fort qui risque de déstabiliser les adeptes du craft sauvage à la Rust.

Le passage par le Steam Next Fest a validé cette recette atypique auprès d'un public manifestement en manque de fraîcheur intellectuelle.

Un pari risqué sur l'intelligence humaine et alien

Réussir à rendre la botanique sexy est un exploit que peu de studios peuvent revendiquer aujourd'hui.

ASTROBOTANICA
ASTROBOTANICA. Source : Space Goblin Studio

Avec 83 000 listes de souhaits, l'attente est réelle et le studio ne semble pas vouloir se reposer sur ses lauriers. Les retours de la communauté ont déjà forcé les développeurs à revoir entièrement la gestion de l'inventaire, point noir habituel de ces titres. Les graphismes ont subi un sérieux lifting pour rendre cette Terre ancienne plus organique et moins générique. Contrairement à de nombreux accès anticipés qui sortent dans un état lamentable, Space Goblin Studio mise sur une base technique solide capable de tourner sur des machines modestes. Le défi consiste maintenant à maintenir cet équilibre fragile entre la rigueur scientifique et le plaisir de jeu pur.

L'ambition de Space Goblin dépasse le simple divertissement pour toucher à une forme d'apprentissage ludique.

On sent derrière chaque mécanique une volonté de briser le cycle de la violence gratuite. L'expérimentation devient le moteur principal de la progression, remplaçant la course à l'armement technologique. Si le studio tient ses promesses, on pourrait bien tenir là le digne successeur spirituel d'un Outer Wilds mâtiné de gestion de base. L'accès anticipé du 16 février sera le juge de paix. On observera de très près comment les nouveaux systèmes et le scénario se déploient au fil des mois. Pour l'instant, les signaux sont au vert, mais la route est encore longue avant que cette graine ne devienne un arbre solide capable de résister aux tempêtes du marché indépendant.

Le pedigree de l'équipe garantit une certaine rigueur dans l'exécution, évitant les pièges des simulateurs de marche ennuyeux.

Le microscope plutôt que le gourdin

Le rendez-vous est pris pour février et je serai le premier à sortir mon microscope.

ASTROBOTANICA
ASTROBOTANICA. Source : Space Goblin Studio

On ne s'improvise pas botaniste spatial sans une interface solide et des boucles de gameplay accrocheuses. La comparaison avec No Man’s Sky est inévitable sur l'aspect alien, mais Astrobotanica semble plus ancré, plus viscéral dans son approche de la Terre préhistorique. La série de BD Sprout Out! sur Webtoons montre que l'univers est déjà riche et cohérent avant même que le premier joueur n'ait posé le pied sur le sol virtuel. C'est cette cohérence globale qui séduit et qui laisse espérer un titre majeur. Il faudra toutefois surveiller si le côté "détendu" ne finit pas par émousser le sentiment de danger inhérent à la survie.

Trop de confort tue l'intérêt, et les développeurs devront jongler avec cette difficulté pour ne pas transformer leur expérience en simple jardinage numérique sans enjeux.

Le mélange entre énigmes anciennes et survie biologique constitue le véritable sel de cette aventure. Si la sauce prend, Astrobotanica s'imposera comme une référence pour ceux qui cherchent autre chose que de fracasser des crânes à coup de silex. On attend de voir si la science sera effectivement plus forte que la faim dans ce monde oublié. L'approche est singulière, le studio est armé et la communauté répond présent. Tous les ingrédients sont réunis pour que la survie change enfin de visage.

Lien vers la page Steam d'Astrobotanica : https://store.steampowered.com/app/2720920/ASTROBOTANICA/