Les robotaxis Tesla enregistrent 4 fois plus d'accidents que les conducteurs humains
Les robotaxis Tesla déployés à Austin accumulent les accidents avec un taux quatre fois supérieur aux automobilistes traditionnels, selon les données transmises à la NHTSA. Ces statistiques officielles contredisent frontalement les promesses sécuritaires d'Elon Musk et soulèvent de sérieuses interrogations alors que le constructeur projette de commercialiser son Cybercab sans volant ni pédales d'ici 2027. L'écart entre le discours promotionnel et la réalité du terrain révèle les fragilités d'une technologie qui prétendait révolutionner la mobilité urbaine.
Un ratio accidentel préoccupant malgré la présence d'opérateurs de sécurité
Entre juin 2025 et janvier 2026, la flotte expérimentale de Tesla a parcouru 1,29 million de kilomètres et recensé 14 accidents, soit une collision tous les 92 000 kilomètres. Ce bilan fait pâle figure face à la moyenne américaine, soit un accident tous les 368 000 km d'après les données de la NHTSA. Le plus inquiétant, c'est que ces chiffres ont été réalisés avec un opérateur de sécurité à bord de chaque véhicule, prêt à reprendre la main à tout instant. Ce qui laisse penser que le vrai score en mode totalement autonome serait encore plus embarrassant.
L'évolution temporelle des incidents accentue l'inquiétude des observateurs. Les cinq derniers accidents, survenus entre décembre 2025 et janvier 2026, incluent une collision avec un autobus alors que le véhicule Tesla était immobilisé, un choc avec un camion à moins de 10 km/h, et plusieurs impacts avec des objets fixes lors de manœuvres. Paradoxalement, Tesla a commencé à retirer les opérateurs humains de ses robotaxis fin janvier 2026, précisément au moment où la fréquence des incidents augmentait. Un choix qui interroge sur la maturité réelle du système Full Self Driving et sur la pression commerciale qui semble primer sur les considérations sécuritaires.
Une opacité totale qui contraste avec la transparence de Waymo
Tesla cultive une opacité qui jure avec les standards de transparence attendus pour un déploiement à grande échelle. Selon les informations compilées par CBS News, le constructeur a systématiquement caviardé l'intégralité des récits d'accidents dans sa base de données NHTSA, invoquant la protection d'informations commerciales confidentielles. Une pratique légale mais critiquable qui empêche toute analyse indépendante des causes réelles des collisions. Tesla s'est même vu contraint de requalifier un accident initialement déclaré comme matériel en incident nécessitant une hospitalisation, suggérant des pratiques de reporting problématiques.
À l'opposé, Waymo affiche une transparence totale et des résultats autrement plus convaincants. L'entreprise d'Alphabet publie des descriptions détaillées de chaque incident et affiche des performances qui font consensus. Sur 127 millions de kilomètres parcourus en mode totalement autonome, sans opérateur de sécurité, Waymo affiche une réduction de 85% des accidents causant des blessures et de 57% des accidents nécessitant l'intervention policière comparativement aux conducteurs humains. Les données indiquent que les véhicules Waymo génèrent 0,41 incident avec blessure par million de miles contre 2,80 pour les conducteurs humains.
Les enjeux réglementaires et économiques d'un marché de 118 milliards de dollars
L'approche technologique divergente explique partiellement ces écarts de performance. Tesla s'appuie exclusivement sur des caméras pour sa perception de l'environnement, tandis que Waymo et les autres acteurs majeurs utilisent une architecture multi-capteurs intégrant radars, lidars et ultrasons. Un choix défendu par Elon Musk au nom de la simplicité et du coût, mais qui apparaît désormais comme une vulnérabilité stratégique face aux exigences réglementaires américaines et européennes.
Le marché mondial des robotaxis est évalué à 118 milliards de dollars d'ici 2031, selon les projections d'analystes du secteur. Pour Tesla, la conquête de ce segment représente un enjeu existentiel alors que la croissance des ventes de véhicules traditionnels ralentit. Le Cybercab, dont la production doit débuter au deuxième trimestre 2026 dans la Gigafactory texane, affiche un coût de fabrication cible entre 40 000 et 45 000 dollars, substantiellement inférieur aux 200 000 dollars nécessaires pour produire un véhicule Waymo. Cet avantage économique théorique demeure toutefois conditionné à l'obtention d'autorisations réglementaires que le bilan sécuritaire actuel rend hautement incertaines.

Tesla sollicite notamment des approbations en Europe dès février 2026 pour son système FSD supervisé, première étape vers un déploiement continental du Cybercab en 2027. Toutefois, les régulateurs européens et américains exigent désormais des démonstrations probantes de fiabilité avant d'autoriser la circulation de véhicules dépourvus de commandes manuelles. Les 42 véhicules actuellement déployés à Austin constituent un échantillon encore modeste pour établir une confiance réglementaire, d'autant que leur performance s'avère nettement inférieure aux standards établis par Waymo avec plus de 2 000 robotaxis circulant dans plusieurs métropoles américaines.

La promesse originelle d'Elon Musk d'obtenir dix fois moins d'accidents que les humains apparaît aujourd'hui comme une projection optimiste déconnectée de la réalité opérationnelle. Reste à voir si Tesla parviendra à rattraper son retard avant que les régulateurs ne lui claquent définitivement la porte au nez.