MAVRIX déchire la trajectoire sur PlayStation 5 et Xbox Series

Jan 22, 2026Par Conseil Direct
Conseil Direct

Le pneu mord la poussière, le cadre hurle sous la compression et le sol se dérobe sous une roue arrière en sursis. Matt Jones ne s’est pas contenté de prêter son nom pour une opération marketing de salon. Avec l'arrivée de MAVRIX sur PlayStation 5 et Xbox Series, le jeu vidéo de VTT quitte enfin le confort de la simulation de niche pour s'imposer comme une brute physique indiscutable.

J’ai senti la suspension s’écraser sous le poids d’une réception mal ajustée avant même que le premier menu ne s’affiche. C’est ce petit clic métallique, ce bruit sourd d’une fourche qui arrive en butée, qui sépare le jouet pour enfants de la machine de guerre. MAVRIX ne vous accueille pas avec des feux d'artifice ou des tutoriels condescendants, il vous jette dans la pente avec une exigence qui transpire le cambouis et la sueur froide.

La science brutale du débattement

Une physique qui ne pardonne absolument rien.

Mavrix
Mavrix. Source : Third Kind Games

Oubliez les acrobaties lunaires et la légèreté artificielle des productions Ubisoft comme Riders Republic. Ici, chaque gramme du vélo compte. Third Kind Games a pondu un moteur où la gestion du freinage et la compression des amortisseurs dictent votre survie sur les 100 km² de terrain sauvage mis à disposition. Quand vous lancez votre cadre dans un pierrier à pleine balle, le retour de force n'est pas une simple vibration, c'est un avertissement : si vous ne lisez pas la ligne, le sol viendra vous chercher. Ce réalisme n'est pas là pour faire joli sur la fiche technique, il transforme chaque descente en un combat permanent contre l'inertie et la gravité. Les sensations de pilotage, affinées par les retours directs de Matt Jones, imposent une rigueur technique que l'on n'avait pas croisée depuis les meilleures heures de Descenders.

La maîtrise du vélo demande une dévotion totale, loin des standards automatisés du genre.

Le vertige millimétré du Slopestyle

La fluidité devient ici une monnaie d'échange vitale.

Mavrix
Mavrix. Source : Third Kind Games

L’arrivée du mode Slopestyle avec cette version console change radicalement la donne. On ne parle plus seulement de descendre le plus vite possible, mais de sculpter l'air avec une précision chirurgicale. Les nouvelles figures et le système de progression mis à jour forcent le joueur à penser comme un athlète Red Bull, calculant chaque impulsion pour ne pas finir en tas d'os brisés au fond d'une réception courte. C'est ici que MAVRIX brille : il capture l'adrénaline du risque pur sans jamais tomber dans l'arcade facile. Le circuit officiel Red Bull, intégré pour l'occasion, offre un terrain de jeu où le style prime sur la force brute. On ne "joue" pas à MAVRIX, on négocie avec le relief pour que chaque rotation semble organique, presque animale.

Le titre parvient à rendre la technicité du VTT professionnel accessible sans en trahir la difficulté intrinsèque.

Une trajectoire en accès anticipé

Le chantier reste ouvert mais les fondations sont coulées dans le titane.

Mavrix
Mavrix. Source : Third Kind Games

Disponible pour une trentaine d'euros, cette incursion sur consoles via l'Accès Anticipé de la PlayStation 5 et le Game Preview de la Xbox Series X|S n'est pas une version finale polie jusqu'à l'ennui. C'est un organisme vivant qui a besoin du feedback de la communauté pour affiner ses réglages de suspension. Le prix de 30 £ est un ticket d'entrée honnête pour une expérience qui propose déjà tout le contenu accumulé sur PC, y compris la MAVRIX Cup. Les textures peuvent parfois tousser et l'interface manque encore d'un peu de graisse, mais l'essentiel est là : le feeling. On sent que les développeurs de Third Kind Games "vivent et respirent" le ride, comme ils aiment le dire. C'est une œuvre de passionnés pour des passionnés, un projet qui refuse les compromis grand public pour garder sa saveur de terre et de métal.

Le passage sur consoles de salon permet enfin au plus grand nombre de tâter de la gomme sur des tracés exigeants.

MAVRIX impose son rythme, lourd et rapide, comme une séance de descente en pleine forêt sous une pluie battante. C'est une claque technique qui rappelle que le sport extrême n'est pas une fête foraine colorée, mais une discipline de fer où la moindre erreur de trajectoire se paie cash. Si vous cherchez de la glisse propre et sans risque, passez votre chemin. Si vous voulez sentir le métal vibrer sous vos mains et le vent vous fouetter les tympans jusqu'à la surdité, le terrain de jeu de Matt Jones est votre nouveau sanctuaire. Le roi de la montagne a changé de visage, et il a les mains pleines de cambouis.