Mercedes F1 s'arme du cloud Microsoft pour négocier le virage technique de 2026

Jan 22, 2026Par Conseil Direct
Conseil Direct

Le géant de Redmond débarque à Brackley pour une alliance stratégique majeure. Alors que la Formule 1 s'apprête à vivre sa plus grande révolution technique, Mercedes-AMG Petronas officialise un partenariat pluriannuel avec Microsoft, estimé par les observateurs à près de 60 millions de dollars par an, pour dompter la nouvelle ère hybride grâce à l'intelligence artificielle.

La course aux armements numériques est officiellement lancée dans les paddocks.

Logo Microsoft sur la Mercedes-AMG PETRONAS Formule 1
Logo Microsoft sur la Mercedes-AMG PETRONAS Formule 1. Source : Miscrosoft

Ce jeudi marque le début d'une collaboration décisive entre l'écurie allemande et la firme américaine, à l'aube d'un changement d'ère pour la discipline reine. Le règlement technique de 2026 impose une refonte totale des motorisations avec une répartition de puissance à 50/50 entre le moteur thermique et l'électrique, propulsant le système hybride à 350 kW, soit près du triple de la capacité actuelle. De plus, la F1 passera à des carburants 100% durables, une contrainte chimique supplémentaire qui nécessite des milliers de simulations moléculaires complexes. Pour Toto Wolff et ses équipes, intégrer les solutions Azure directement dans les processus de conception n'est pas un luxe, mais une nécessité vitale pour simuler le comportement de monoplaces radicalement différentes. L'objectif est de valider les concepts aérodynamiques avant même que les premiers composants physiques ne sortent des imprimantes 3D de l'usine de Brackley.

Cette alliance intervient alors que la catégorie exige une efficacité énergétique sans précédent de la part des constructeurs mondiaux. Les ingénieurs doivent désormais composer avec un calendrier toujours plus dense qui ne pardonne aucune erreur de modélisation initiale dans un environnement ultra-concurrentiel.

Le traitement de la donnée comme carburant principal

Une monoplace moderne se comporte aujourd'hui comme un véritable serveur sur roues.

Avec plus de 400 capteurs installés sur le châssis, le flux d'informations atteint des sommets vertigineux nécessitant une puissance de calcul colossale en permanence. La télémétrie renvoie plus d'un million de points de données chaque seconde vers le muret des stands et l'usine, un volume impossible à traiter sans assistance algorithmique performante. Microsoft intervient ici pour fluidifier cette analyse massive grâce à ses systèmes prédictifs, une capacité qui deviendra critique pour gérer l'aérodynamique active prévue pour 2026, où les ailerons s'ajusteront pour réduire la traînée. La gestion thermique des batteries, qui atteindront des températures extrêmes sous l'effet de la récupération d'énergie intensifiée, sera également pilotée par ces modèles mathématiques de haute précision. Chaque tour de circuit génère désormais plusieurs gigaoctets de données brutes qui doivent être nettoyées et interprétées en quelques millisecondes seulement.

Judson Althoff, haut responsable chez Microsoft, souligne que la victoire se joue souvent à la milliseconde près sur la ligne d'arrivée. Transformer ces téraoctets de bruit numérique en décisions tactiques offre un avantage immédiat sur la concurrence directe.

L'infrastructure cloud au service de l'agilité technique

La rigidité des infrastructures physiques appartient désormais au passé pour les écuries de pointe.

Kimi Antonelli et George Russell dans des kits de pilotes avec le logo Microsoft
Kimi Antonelli et George Russell dans des kits de pilotes. Source : Microsoft

L'adoption de l'architecture Azure Kubernetes Service permet aux techniciens de moduler leur puissance informatique selon les besoins spécifiques du week-end de course. Lors des périodes critiques de développement, les ressources allouées aux simulations de mécanique des fluides peuvent être décuplées instantanément sans attendre l'installation de nouveaux serveurs physiques. Cette flexibilité s'avère cruciale pour tester des milliers de configurations virtuelles et riposter face à des rivaux comme Red Bull Racing, qui bénéficie déjà de l'appui technologique d'Oracle. Le respect du plafond budgétaire, fixé à environ 135 millions de dollars, oblige d'ailleurs les équipes à optimiser chaque cycle de calcul informatique pour éviter tout gaspillage financier. L'usage du cloud permet ainsi de ne payer que pour la puissance réellement consommée durant les phases de rush technologique.

Richard Sanders confirme que cette bascule technologique ouvre des horizons inédits pour l'organisation globale de l'écurie. L'agilité logicielle devient aussi déterminante que la puissance pure du bloc moteur pour aller chercher la pole position le samedi après-midi.

Une synergie étendue aux développeurs et à l'usine

L'innovation ne se limite pas aux seuls calculs de trajectoire ou de consommation d'essence.

Les outils collaboratifs comme GitHub intègrent désormais le quotidien des ingénieurs pour accélérer le codage des logiciels embarqués de contrôle. En harmonisant les flux de travail entre les sites de Brixworth et de Brackley, l'écurie espère réduire les délais de mise au point des mises à jour aérodynamiques majeures. Cette méthodologie moderne assure une fiabilité accrue des systèmes électroniques complexes qui gèrent l'intégralité des paramètres, du différentiel au freinage assisté électroniquement. La cybersécurité des échanges de données entre le circuit et l'usine est également renforcée, car l'espionnage industriel reste une menace constante dans ce milieu d'élite. En s'appuyant sur l'expertise de Microsoft en matière de protection des données via l'IA, Mercedes s'assure que ses secrets de conception restent bien gardés.

Ce rapprochement s'inscrit dans une continuité historique forte entre le constructeur automobile et le géant du logiciel américain. Le transfert de compétences entre la route et la compétition atteint ici son paroxysme technique.

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