Musk réclame une fortune colossale à Microsoft et OpenAI pour solder le passé
L'affrontement judiciaire entre Elon Musk et ses anciens partenaires prend une tournure historique avec une demande de dédommagement record. Le propriétaire de X veut récupérer les gains générés par une technologie qu'il affirme avoir largement financée et portée à ses débuts.
L’offensive juridique lancée par le milliardaire ne passe pas inaperçue dans les couloirs de la justice californienne. Les avocats de l'homme d'affaires ont déposé un dossier volumineux vendredi dernier, articulant une exigence financière qui donne le tournis. Elon Musk réclame désormais une somme pouvant atteindre 134 milliards de dollars à OpenAI ainsi qu'à son allié stratégique, Microsoft.
Cette bataille rangée se cristallise autour de la genèse de l'organisation derrière ChatGPT.
Selon les documents consultés par l'agence Reuters, le patron de Tesla considère qu'il a été spolié des bénéfices découlant de son implication initiale. En 2015, le paysage de l'intelligence artificielle était pourtant bien différent de celui que nous connaissons en 2026. À cette époque, Musk avait injecté 38 millions de dollars dans ce qui n'était alors qu'une petite structure de recherche sans but lucratif. Ce montant, bien que modeste au regard des standards actuels, représentait 60 % des fonds totaux de la start-up à son lancement.
L'enjeu dépasse la simple question comptable pour toucher à la reconnaissance de l'influence.
Une valorisation des contributions passées qui dépasse l'entendement
L'argumentaire développé par la défense de Musk repose sur l'idée que son apport financier n'était que la partie émergée de l'iceberg. Steven Molo, son représentant légal, martèle que sans l'aura et le réseau du milliardaire, OpenAI n'aurait jamais pu recruter les talents nécessaires à son essor. Les experts financiers mandatés par le plaignant ont calculé que la firme dirigée par Sam Altman aurait accumulé entre 65,5 et 109,4 milliards de dollars de valeur grâce aux percées technologiques initiales.
De son côté, Microsoft aurait tiré profit de cette synergie à hauteur de 13,3 à 25,1 milliards de dollars.
C’est précisément ce gâteau financier que Musk souhaite aujourd'hui partager, au titre de ce qu'il appelle ses contributions immatérielles. Il estime que sa capacité à anticiper le passage à l'échelle industrielle a été le moteur principal de la réussite du groupe.
Cette position est renforcée par le fait qu'en 2025, OpenAI a atteint une valorisation record sur les marchés privés, dépassant les 150 milliards de dollars, ce qui attise les convoitises.
Sur les plateformes sociales, les avis sont tranchés. Certains internautes rappellent que Musk a quitté le conseil d'administration en 2018, laissant les autres membres naviguer seuls dans la tempête du développement technologique. Pour ses détracteurs, revenir réclamer une part du profit huit ans plus tard s'apparente à une tentative de freiner un concurrent de sa propre entreprise de tech, xAI.
La défense d'OpenAI face à ce qu'elle nomme une dérive procédurale
La riposte des créateurs de ChatGPT ne s'est pas fait attendre. La société californienne rejette en bloc des estimations qu'elle qualifie d'imaginaires et de totalement invérifiables. Pour OpenAI, les demandes de Musk ne sont pas sérieuses et font partie d'une stratégie de nuisance orchestrée pour servir ses propres intérêts commerciaux. La direction va plus loin en dénonçant une campagne de harcèlement visant à épuiser les ressources de l'entreprise par des procédures interminables.
Le procès qui doit s'ouvrir au mois d'avril sera scruté par le monde entier.
Il s'agira de déterminer si un fondateur peut légitimement prétendre aux gains futurs d'une société qu'il a abandonnée bien avant son explosion commerciale. Cette affaire pose une question fondamentale sur la nature des engagements pris lors de la création d'organismes à but non lucratif qui se transforment ultérieurement en machines à cash. Les juristes spécialisés dans la tech attendent ce verdict avec une certaine fébrilité tant il pourrait redéfinir les règles du secteur.
Le climat est d'autant plus lourd que Musk multiplie les piques contre Sam Altman sur son réseau social X, l'accusant d'avoir trahi l'idéal d'une IA ouverte et accessible.
En attendant le printemps, la Silicon Valley retient son souffle devant ce feuilleton qui mêle amitiés brisées et sommes astronomiques. Les liens de Microsoft avec OpenAI sont également sous le microscope des autorités de régulation, ce qui ajoute une couche de complexité à un dossier déjà très épineux. Le tribunal de San Francisco devra trancher ce litige qui pourrait bien devenir le procès le plus coûteux de l'histoire des technologies modernes.
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