Planet of Lana II Children of the Leaf brise le silence dans un cimetière de robots
Certaines suites ressemblent à des obligations comptables, d'autres à des nécessités artistiques. Quand Lana et sa petite boule de poils Mui reviennent pointer le bout de leur nez, on attendait de voir si la magie du premier volet n'était qu'un accident de parcours ou le début d'une fresque monumentale. Le verdict tombe aujourd'hui dans la poussière d'un monde qui refuse de mourir.
Dix minutes de gameplay brut, sans fioritures ni montage trompeur, suffisent à remettre les pendules à l'heure.
Wishfully Studios nous balance sans ménagement dans les Terres désolées du nord de Novo, un décor qui jure radicalement avec les paysages verdoyants que l'on gardait précieusement en mémoire. On y découvre un cimetière de robots géants, carcasses de métal hurlant un silence de mort sous un ciel de plomb. L'esthétique reste cette peinture en mouvement qui nous avait giflés il y a quelques années, mais le ton a clairement bifurqué vers quelque chose de plus organique, de plus viscéral. Lana n'est plus cette gamine qui subit passivement les événements ; elle court, elle glisse, elle grimpe aux parois avec une nervosité qui manquait cruellement au premier opus. On sent que les développeurs ont pris le temps d'écouter les critiques sur la rigidité du gameplay pour offrir une souplesse bienvenue, transformant l'exploration en une danse entre l'ombre et l'acier froid.

Ce n'est plus seulement une question de contempler le paysage en attendant que le script se déclenche maladroitement.
Le poids du passé mécanique sur les épaules de Lana
Ici, la menace semble omniprésente et le duo doit redoubler d'ingéniosité pour ne pas finir broyé par l'oubli. La force de cette licence réside toujours dans cette relation symbiotique entre Lana et Mui, cette créature dont le design défie toute logique biologique connue. Cette fois, l'interaction semble avoir franchi un cap technique majeur. On ne se contente plus de donner des ordres basiques à Mui ; on l'utilise pour hypnotiser la faune locale ou pour piloter des machines hybrides qui traînaient là, vestiges d'une civilisation disparue. C'est précisément là que le puzzle-game prend toute son ampleur, en forçant le joueur à penser en deux temps, sur deux plans différents, sans jamais briser le rythme de la progression. Les énigmes physiques montrées dans ce long extrait suggèrent une complexité accrue, loin du simplisme parfois frustrant que l'on pouvait reprocher au titre original face à des ténors comme Inside.
La subtilité remplace enfin la force brute dans un environnement où la moindre erreur d'appréciation coûte cher.

Entre les séquences d'infiltration tendues et les moments de bravoure athlétique, le rythme semble avoir été calibré pour ne jamais laisser le spectateur respirer trop longtemps. On évite l'écueil de la contemplation vide qui plombe trop souvent les productions indépendantes un peu trop fières de leur direction artistique. Le studio suédois prouve qu'il a compris l'importance de l'agilité : les sauts muraux et les glissades en course apportent une dynamique qui transforme radicalement l'approche des niveaux. On ne traverse plus un tableau, on le conquiert avec une efficacité qui fait plaisir à voir.
Une complicité forcée par le danger permanent
Le jeu vidéo devient ici une expérience sensorielle totale qui refuse le moindre compromis sur l'ambiance. On ne peut pas parler de cette œuvre sans évoquer la partition de Takeshi Furukawa, le compositeur qui avait déjà donné une âme au premier volet. Sa musique n'est pas un simple fond sonore, c'est le sang qui coule dans les veines du jeu. Dans ces dix minutes de vidéo, chaque note semble peser une tonne, soulignant l'immensité des structures que Lana doit infiltrer à travers des égouts saumâtres et des eaux troubles. L'ambition narrative semble avoir doublé de volume, nous promettant des chapitres sous-marins et une plongée brutale dans les démons intérieurs de l'héroïne. On quitte le conte de fées pour entrer de plein-pied dans une saga de science-fiction sombre et mélancolique.

Le symbole familier aperçu sur un mur titanesque à la fin de la vidéo laisse présager des révélations que les fans attendent de pied ferme.
On n'est pas là pour faire de la figuration ou du remplissage, mais pour déterrer les secrets les plus enfouis de Novo. Si la sortie est prévue pour début 2026 sur toutes les machines possibles, l'attente va être longue pour ceux qui cherchent autre chose que des explosions gratuites et du loot à outrance. Planet of Lana II Children of the Leaf s'annonce comme une confirmation éclatante de la part de Thunderful. Là où d'autres se contenteraient de recycler une recette facile, Wishfully semble avoir pris le risque de la maturité et de la noirceur. C'est plus beau, c'est plus vif, c'est surtout beaucoup plus exigeant techniquement.
C'est exactement ce qu'on demande à une suite qui a du cran et du caractère.

Rendez-vous dans les Terres désolées du nord pour voir si le jeu final parviendra à tenir cette cadence infernale sur la durée. En attendant, on se repasse ces dix minutes de gameplay comme on observe un orage arriver : avec une fascination certaine et une légère dose d'appréhension face à la puissance du spectacle qui s'annonce.
Pour plus de détails sur les productions de l'éditeur, visitez le site officiel.
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