Renault Clio : la reine incontestée d’un marché automobile français en pleine mutation en 2025

Jan 02, 2026Par Conseil Direct
Conseil Direct

L'industrie automobile en France a traversé une année 2025 complexe, marquée par une baisse globale des ventes de 5 %. Pourtant, dans ce climat morose, la Renault Clio a réalisé une performance historique en creusant un écart spectaculaire avec ses concurrentes. Alors que l'électrique gagne du terrain grâce aux aides de l'État, les équilibres traditionnels entre les grands constructeurs basculent.

Le bilan annuel des immatriculations en France vient de tomber et les chiffres confirment un ralentissement du secteur. Avec environ 1,63 million de voitures neuves vendues, le marché enregistre une contraction de 5,02 % par rapport à l'année 2024. Malgré ce contexte difficile, une tendance positive se dégage au niveau de la transition énergétique. Les véhicules 100 % électriques représentent désormais 20 % du volume total des ventes, contre environ 17 % lors des deux années précédentes.

Cette progression de l'électrique doit beaucoup aux politiques publiques. Le gouvernement a en effet maintenu des dispositifs incitatifs comme le bonus écologique, tout en relançant le système de leasing social. Même si cette nouvelle version du leasing a été moins massive que la première, elle a tout de même permis de soutenir la demande pour les modèles produits localement ou en Europe.

Le triomphe spectaculaire de la Renault Clio

Dans ce paysage tourmenté, la Renault Clio s'est imposée comme la grande gagnante. Elle est le seul modèle à avoir franchi la barre symbolique des 100 000 ventes sur l'année. Ce succès est d'autant plus remarquable que la citadine de la marque au losange a vu ses volumes augmenter de 11 % alors même que son renouvellement est prévu pour les mois à venir.

À l'opposé, sa rivale de toujours, la Peugeot 208, accuse le coup. Avec seulement 73 092 exemplaires écoulés, elle termine l'année très loin derrière la Clio. La citadine de Peugeot a subi une chute brutale de 17 % de ses ventes en 2025. Cet écart de près de 27 000 voitures entre les deux modèles les plus populaires de France est une situation rarement observée par le passé.

Plusieurs analystes, dont ceux de la Plateforme Automobile (PFA), soulignent que le groupe Stellantis a souffert d'un manque de dynamisme auprès des clients particuliers. Les immatriculations dites tactiques, souvent destinées aux flottes internes ou aux loueurs de courte durée, n'ont pas suffi à compenser la baisse des commandes réelles pour la 208.

Contrastes et difficultés chez les constructeurs français

Malgré la contre-performance de la 208, tout n'est pas sombre pour Peugeot. Le SUV 2008 a réussi une belle année et reste l'un des rares modèles du top 10 à afficher une croissance positive aux côtés de la Clio. Le nouveau Peugeot 3008 a également réalisé des débuts prometteurs. Toutefois, ses résultats auraient pu être encore meilleurs si le groupe n'avait pas rencontré des problèmes de production. Les difficultés d'approvisionnement en batteries provenant de l'usine ACC (Automotive Cells Company) ont en effet ralenti les livraisons de la version électrique, l'e-3008.

Du côté du groupe Renault, l'ambiance est à la fête. En plus du succès de la Clio, la nouvelle Renault 5 électrique a réussi son entrée sur le marché en séduisant rapidement les acheteurs. Le Renault Symbioz, nouveau venu dans la gamme, a aussi trouvé son public avec plus de 30 000 unités vendues, ce qui constitue un démarrage très solide.

Le recul inattendu de la marque Dacia

La plus grande surprise de ce classement 2025 vient de chez Dacia, la marque d'entrée de gamme du groupe Renault. Habituellement intouchable, la Dacia Sandero a vu ses ventes fondre de 15 %. Bien qu'elle conserve une avance sur la nouvelle Citroën C3, l'écart entre les deux modèles se réduit dangereusement pour la marque roumaine.

Dacia Sandero
Dacia Sandero. Source : Dacia

La situation est encore plus délicate pour le Dacia Jogger. Ce véhicule familial a vu ses immatriculations s'effondrer de 34 % en un an, pour atteindre seulement 14 487 exemplaires. Ce désamour soudain montre que les préférences des consommateurs évoluent rapidement et que les modèles low-cost ne sont plus à l'abri de la concurrence, notamment celle des nouvelles citadines électriques plus abordables.