Roborock s'inspire de l'anatomie humaine pour conquérir les escaliers
L'ascension des marches reste le défi ultime pour les robots domestiques. Si l'édition 2025 de l'IFA avait déjà laissé entrevoir quelques tentatives, c'est lors du CES 2026 que Roborock a frappé un grand coup. Le constructeur ne se contente plus d'améliorer l'aspiration ou le lavage des serpillières, il s'attaque désormais à la mobilité verticale avec un concept de châssis doté de véritables jambes articulées capables d'imiter la démarche humaine.
Nous étions habitués à des évolutions progressives, comme des puissances d'aspiration toujours plus élevées ou des systèmes de chauffe pour l'eau de nettoyage. Pourtant, ce que Roborock a dévoilé dans les coulisses du salon de Las Vegas appartient à une tout autre catégorie technologique. Il ne s'agit pas ici du Saros 20, un modèle déjà très performant capable de franchir des seuils de porte, mais bien d'un projet de recherche et développement qui rompt avec les codes habituels de la robotique ménagère.
Alors que d'autres acteurs du marché comme Mova ou Dreame avec son concept Cyber X explorent des solutions de plateformes élévatrices ou de bras de levage, Roborock mise sur une structure biomimétique. Ce prototype abandonne la dépendance exclusive aux roues pour adopter des membres mécaniques articulés. L'objectif est limpide : permettre à la machine de se déplacer avec la même agilité qu'un être humain au sein d'un foyer complexe.
Une démonstration de stabilité impressionnante
Pour prouver l'efficacité de sa technologie, la marque a partagé une séquence filmée en laboratoire qui se distingue par son réalisme. Loin des images de synthèse parfaites, la vidéo montre un prototype en pleine action, malmené par des ingénieurs. Dans cet exercice de stabilité active, le robot est visé par des balles de tennis lancées avec force.
Là où un appareil traditionnel sur roulettes aurait vacillé ou se serait renversé, ce modèle encaisse les chocs en ajustant instantanément sa posture grâce à ses jambes. Cette capacité de compensation rappelle les prouesses de structures avancées comme celles de Boston Dynamics. Cette innovation marque une rupture nette avec le système AdaptiLift que l'on trouve sur la gamme actuelle, conçu essentiellement pour surmonter des tapis épais ou de petits rebords. Ici, le constructeur vise clairement une autonomie totale dans les environnements à plusieurs niveaux.
La fin de la barrière des étages
Pourquoi déployer une ingénierie aussi sophistiquée pour un simple aspirateur ? Bien que Roborock n'ait pas explicitement montré son robot en train de grimper une volée de marches, les indices sont nombreux. Le message envoyé aux concurrents et aux utilisateurs est transparent. La marque souligne que ce dispositif n'a aucun rapport avec les fonctions de levage classiques. Utiliser des jambes articulées uniquement pour passer un pas de porte serait une débauche de moyens inutile.
Lors des échanges avec la presse, les responsables du projet ont laissé filtrer des informations cruciales. En invitant le public à réfléchir à l'utilité des jambes humaines pour circuler dans une maison, l'entreprise suggère que son robot pourra bientôt changer d'étage par ses propres moyens. Cette promesse d'une mobilité verticale autonome changerait radicalement la gestion du nettoyage dans les habitations à étages, évitant ainsi l'achat de plusieurs appareils.
Il convient toutefois de rester mesuré, car un tel système mécanique soulève des interrogations légitimes sur la durabilité des pièces mobiles et le coût final pour le consommateur. Néanmoins, voir un leader du secteur s'attaquer de front au dernier grand obstacle physique de la domotique est un signal fort. Ce prototype de "Saros à jambes" pourrait bien transformer l'aspirateur robot en un véritable compagnon domestique tout-terrain, capable de s'affranchir définitivement de la gravité.