Sony foudroie l'imposture ThiGames sur le PlayStation Store

Jan 16, 2026Par Conseil Direct
Conseil Direct

Le PlayStation Store ressemblait depuis trop longtemps à un vide-greniers numérique où les rebuts du code s'empilaient sans vergogne. Sony a fini par sortir le lance-flammes pour cramer l'usine à gaz allemande ThiGames, un éditeur qui avait transformé le temple du jeu en une foire aux trophées bas de gamme. L'heure de la purge a enfin sonné pour nettoyer nos consoles.

Mille jeux évaporés d'un coup de clic.

La firme japonaise a enfin posé ses limites en supprimant l'intégralité du catalogue de ThiGames, une structure basée en Allemagne qui inondait les serveurs de merveilles de paresse technique. On ne parle pas ici de petits jeux indépendants maladroits mais de logiciels dont la seule utilité était de gonfler artificiellement le profil des joueurs en quête de reconnaissance virtuelle. Ces expériences consistaient souvent à maintenir une touche enfoncée pendant trois minutes pour voir un trophée Platine tomber dans l'escarcelle. En balayant mille références d'un revers de main, Sony protège la visibilité des véritables créateurs qui se noyaient chaque semaine dans cette fange numérique infecte.

Cette décision brutale n'est pas une simple erreur de parcours pour l'éditeur banni mais le résultat d'une politique de contrôle qui se durcit radicalement. La complaisance a laissé place à une exécution sommaire qui fera date dans l'histoire de la boutique.

Le mirage toxique des trophées Platine faciles

Le prestige du 100% ne valait plus rien sur nos profils.

The Jumping Bonbon Match 4
The Jumping Bonbon Match 4. Source : Thigames

Le système de récompenses de la PlayStation est devenu une faille exploitée par des marchands de sable vendant des illusions à quelques centimes d'euro. ThiGames avait industrialisé le processus en multipliant les clones de jeux identiques, changeant simplement un sprite ou une couleur pour recréer une nouvelle liste de trophées sans le moindre effort créatif. Cette pollution visuelle empêchait les joueurs de découvrir les pépites de la scène indépendante, reléguant des titres travaillés au fin fond des classements des nouveautés. Le constructeur a compris que laisser proliférer ces déchets nuisait gravement à la crédibilité de son écosystème face à une concurrence qui refuse encore de faire le ménage.

On pense forcément à Nintendo dont l'eShop est devenu un dépotoir à ciel ouvert où le moindre plagiat de Mario ou de simulateur de cuisine basique côtoie les chefs-d'œuvre. La firme de Kyoto semble se satisfaire de la taxe prélevée sur chaque vente de ces immondices.

La lente agonie du shovelware face à la modération

Les jours des éditeurs parasites sont désormais comptés.

The Jumping Food Racing 2
The Jumping Food Racing 2. Source : Thigames

Sony envoie un message limpide à l'industrie car le PlayStation Store n'est plus un open-bar pour les opportunistes du code binaire. Si ThiGames est le premier gros poisson à finir sur le carreau avec une telle ampleur, d'autres studios de la même trempe doivent déjà sentir le vent tourner. La firme exige désormais un gameplay réel et une distinction claire entre les titres publiés sous peine de voir les comptes développeurs purement et simplement résiliés. Cette exigence de qualité permet de restaurer un semblant d'ordre dans une boutique en ligne qui partait totalement à la dérive depuis le lancement de la PS5.

Il ne s'agit pas d'une simple modération de surface mais d'une déclaration de guerre contre la médiocrité érigée en modèle économique par des technocrates de la ligne de code. Les chasseurs de trophées devront retrouver le chemin du mérite.

Vers une nouvelle ère de salubrité numérique

Le ménage est loin d'être terminé.

The Jumping Carrot Race
The Jumping Carrot Race. Source : Thigames

En frappant fort contre un éditeur européen, Sony prouve qu'aucun acteur n'est à l'abri s'il ne respecte pas les standards minimums de production imposés par la marque. On peut regretter que cette prise de conscience n'ait pas eu lieu bien plus tôt, mais le signal est fort pour l'avenir des services en ligne. Le public attend d'une console haut de gamme qu'elle filtre le bruit pour ne laisser passer que le signal, même si cela signifie réduire drastiquement le volume des sorties hebdomadaires. La quantité ne remplacera jamais la qualité, et voir mille icônes disparaître du catalogue est la meilleure nouvelle de l'année pour quiconque respecte encore notre média.

Le combat continue pour que chaque euro dépensé par un joueur serve à rémunérer du talent et non de la simple manipulation psychologique déguisée en divertissement. La fin de ThiGames marque la fin de l'impunité pour les vendeurs de vent.

← Voir tous nos articles de la journée