Ubisoft sacrifie Prince of Persia et cinq autres titres pour sa survie

Jan 21, 2026Par Conseil Direct
Conseil Direct

L'entreprise dirigée par Yves Guillemot vient de frapper un grand coup dans son catalogue. Entre pertes colossales et restructuration interne, le géant français tente une manœuvre désespérée pour stopper une hémorragie financière sans précédent.

Le silence entourait ce projet depuis bien trop longtemps.

Le remake de Prince of Persia : Les Sables du Temps ne verra jamais le jour. Cette décision, officialisée ce mercredi 21 janvier 2026, met un terme à une épopée de développement particulièrement chaotique. Annoncé initialement lors de l'évènement Ubisoft Forward de septembre 2020, le titre devait sortir en janvier 2021. Après de multiples reports et un transfert de responsabilité entre les studios de Pune, Mumbai et enfin Montréal, le projet finit sa course dans les archives du groupe. Sur les réseaux sociaux, notamment sur X, les réactions oscillent entre la colère des nostalgiques et une certaine forme de soulagement face à un projet qui semblait s'égarer.

Cette annulation n'est que la partie visible d'un naufrage plus vaste. Ubisoft confirme en effet l'arrêt définitif de six chantiers en cours. En dehors du prince de Perse, quatre créations non dévoilées, dont trois nouvelles licences originales, sont purement et simplement supprimées. Un titre destiné aux plateformes mobiles complète cette liste de victimes collatérales. L'éditeur justifie ce choix par une volonté de se concentrer uniquement sur les projets possédant le plus fort potentiel commercial.

Un séisme financier aux conséquences immédiates

L'aspect comptable de cette annonce s'avère particulièrement brutal. L'entreprise française anticipe désormais un résultat opérationnel négatif, ou EBIT, proche du milliard d'euros pour l'exercice comptable actuel. Ce gouffre financier s'explique en grande partie par une dépréciation massive de 650 millions d'euros, directement liée à l'abandon des jeux mentionnés plus haut. Pour Yves Guillemot, le secteur des productions AAA traverse une période de sélection naturelle sans pitié. Les budgets explosent et les attentes des joueurs ne permettent plus la moindre approximation technique ou artistique.

Les studios de Halifax et de Stockholm cessent toute activité dès aujourd'hui.

Cette fermeture de bureaux symbolise la fin d'une ère d'expansion géographique agressive pour le groupe. En réduisant ses effectifs et sa présence internationale, l'éditeur cherche à rassurer des investisseurs de plus en plus inquiets. Ces derniers mois, le titre boursier d'Ubisoft a subi des pressions constantes, alimentant les spéculations sur une possible montée au capital du géant chinois Tencent ou même un retrait de la cote pour protéger les intérêts de la famille Guillemot. La stratégie actuelle vise à stabiliser le navire avant que la situation ne devienne irréversible.

Une nouvelle organisation autour de pôles spécialisés

Pour tenter de redresser la barre, la firme mise sur une transformation profonde de ses méthodes de travail. L'idée consiste à diviser la production mondiale en cinq entités distinctes nommées Creative Houses. Chaque pôle possédera une expertise thématique précise. Certaines équipes se consacreront exclusivement aux mondes ouverts, marque de fabrique historique de la maison, tandis que d'autres piloteront les expériences multijoueurs. Ce cloisonnement par genres a pour but de favoriser l'émergence de standards de qualité plus élevés et d'éviter l'éparpillement des ressources humaines.

Le temps de la précipitation semble désormais révolu pour la direction.

Sept autres projets bénéficient d'un délai supplémentaire pour peaufiner leur contenu. Ubisoft refuse dorénavant de lancer des produits qui ne répondent pas à des critères d'excellence drastiques. Cette exigence de perfection répond à une réalité du marché où la concurrence, portée par des titres toujours plus aboutis, ne pardonne aucun faux pas. Le groupe espère que ce recentrage permettra de renouer avec des bénéfices solides d'ici les exercices 2026 et 2027. Vous pouvez consulter les détails de cette stratégie sur le site officiel d'Ubisoft.

Cette mutation radicale change le visage d'un des derniers piliers

européens de l'industrie. Le message envoyé aux actionnaires comme aux joueurs est clair, la quantité cède la place à une quête de rentabilité sécurisée. Ubisoft joue sa crédibilité sur sa capacité à transformer ses futurs lancements en succès incontestables. Le droit à l'erreur a disparu dans les bureaux de Montreuil, laissant place à une gestion rigoureuse où chaque ligne de code doit justifier son coût.

← Voir tous nos articles de la journée