Highguard perd le soutien de Tencent et réduit Wildlight à 20 employés
Le FPS de Wildlight Entertainment a perdu plus de 95% de ses joueurs en trois semaines, poussant Tencent à retirer son financement et contraignant le studio à licencier 100 personnes pour n'en garder qu'une vingtaine.
Une débâcle qui met en lumière la violence du marché
Le naufrage de Highguard illustre à quel point le live-service est devenu impitoyable en 2026. Selon Game File, Tencent via sa division TiMi Studio Group finançait le projet dans la plus stricte confidentialité. Cette opacité dissimulait une réalité comptable implacable.

Le 11 février, soit deux semaines après le lancement, les 100 employés de Wildlight apprenaient leur licenciement par surprise. Les équipes pensaient disposer de plusieurs mois de marge financière pour redresser la trajectoire. La décision de Tencent de couper les vivres trahit l'échec à atteindre des seuils de performance prédéfinis, probablement liés au nombre de joueurs actifs et aux revenus des microtransactions. Avec moins de 400 joueurs quotidiens sur Steam et une chute de 95% de la population depuis le pic de lancement, le modèle économique gratuit s'est révélé insoutenable.
Des dirigeants déconnectés des réalités sectorielles
Les erreurs stratégiques de la direction de Wildlight. Les dirigeants ont refusé obstinément toute phase de test publique, espérant reproduire le miracle d'Apex Legends lancé par surprise en 2019. Cette comparaison relève de l'anachronisme pur.

Les anciens développeurs de Titanfall et Apex Legends qui composaient Wildlight ont sous-estimé un élément crucial. Selon les tests internes menés avec des membres de TiMi Studio, le gameplay exigeait une communication vocale constante entre coéquipiers. Sans cela, l'expérience devenait confuse et frustrante. Cette dépendance structurelle aurait dû alerter l'équipe sur la nécessité d'une bêta publique massive, à l'instar de Battlefield 6 et ARC Raiders qui ont transformé leurs productions grâce aux retours communautaires anticipés.
Un symptôme d'une industrie en pleine correction
Les données de TheGamer révèlent qu'en 2025, plus de la moitié des jeux service ont perdu 90% de leurs joueurs quelques mois après leur sortie.

Highguard s'inscrit dans cette série d'échecs commerciaux. Le rapport de la Game Developers Conference 2025 indique que 33% des développeurs AAA travaillent actuellement sur des jeux service, alors que 42% déclarent ne plus vouloir en produire. Cette saturation du marché transforme chaque nouveau lancement en pari existentiel. Les joueurs migrent difficilement vers des titres inconnus quand Fortnite, Apex Legends et Marvel Rivals monopolisent leur temps et leur portefeuille. Le free-to-play multiplie le risque en dépendant intégralement des achats cosmétiques, que les joueurs évitent massivement dans les jeux qu'ils jugent condamnés.
L'avenir incertain d'un studio réduit à l'essentiel
Wildlight survit désormais avec 20 personnes chargées de maintenir le jeu en vie. Cette équipe réduite devra tenir les mises à jour saisonnières et les cinématiques promises. L'écart entre les promesses marketing et les moyens disponibles condamne probablement le projet à une extinction progressive.

La fermeture du site officiel de Highguard, confirmée par GameSpot, suggère un abandon administratif déjà entamé. Le jeu reste téléchargeable sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series, mais les serveurs tourneront-ils encore dans six mois face à des coûts d'exploitation dépassant largement les revenus générés par quelques centaines de joueurs résiduels ?
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À propos de l'auteur : Aurélien Hedouin, passionné de jeux vidéo depuis l’enfance et grand fan de Lego. Il décrypte l’actualité et les tests gaming sur Conseil Direct avec expertise technique et amour du pixel.
Aurélien Hedouin