Meta injecte 135 milliards de dollars dans l'IA et déclenche une bataille mondiale pour les GPU
La Silicon Valley est en pleine folie financière, du jamais vu. Meta vient d'annoncer un accord massif avec Nvidia pour s'offrir des millions de puces nouvelle génération. Le plan d'investissement pourrait atteindre 135 milliards de dollars rien qu'en 2026. Et ce n'est qu'une partie d'une frénésie d'achats où quatre géants tech prévoient de claquer collectivement 630 milliards cette année.
La course à l'IA qui vire à la guerre des budgets
D'après l'Usine Digitale, Amazon met 200 milliards sur la table, Google entre 175 et 185, et Microsoft 110. Les analystes en sont restés bouche bée, ils s'attendaient à bien moins. Pour Meta, on parle quasiment du double des 72 milliards investis en 2025. Franchement, quand on voit ces montants, on hallucine. C'est plus que le PIB de certains pays.
Zuckerberg explique cette folie des grandeurs par sa vision d'une "superintelligence perso pour tout le monde". Ambitieux, non ? L'entreprise construit 30 data centers d'ici 2028, dont 26 aux États-Unis. Des installations colossales comme Prometheus dans l'Ohio et Hyperion en Louisiane. Meta a même annoncé début février un centre de 1 gigawatt dans l'Indiana. Ça mobilise 4 000 emplois juste pour la construction.
L'accord avec Nvidia porte sur des millions de GPU Blackwell et Rubin. Les générations actuelles et futures de puces dédiées à l'IA. Meta devient le premier acteur à déployer massivement les processeurs Grace en configuration autonome. Fini le temps où les géants assemblaient des composants de différents fournisseurs pour économiser. Maintenant, la performance prime, même si ça veut dire se verrouiller chez un seul fournisseur.
Côté finances, ça suit. Les revenus publicitaires de Meta ont grimpé de 22 % en 2025 pour atteindre 201 milliards de dollars. Les outils pub dopés à l'IA ont généré 10 milliards au quatrième trimestre. L'action a bondi de 10 % après l'annonce. Wall Street valide clairement cette stratégie.
Le grand public sacrifié sur l'autel de l'IA
Sauf que cette ruée vers l'or a un prix. Le PDG de Phison Electronics prévoit carrément des faillites en cascade dans l'électronique grand public cette année. La production mondiale de mémoire DRAM et NAND est littéralement aspirée par les data centers. Résultat ? Les fabricants de smartphones, PC et consoles se retrouvent à sec.
TrendForce annonce un doublement des prix de la RAM pour PC au premier trimestre 2026. Des hausses de 105 % à 110 % pour les modules DDR4 et DDR5. Kingston a vu le prix des plaquettes NAND exploser de 246 % en deux mois seulement. Et ce manque cruel pourrait durer jusqu'en 2030, voire dix ans selon certains experts.
Samsung et SK Hynix ont carrément démantelé leurs chaînes de production pour installer dare-dare des lignes dédiées à la DRAM. Du coup, raréfaction simultanée sur les deux types de mémoire. Le président d'Adata n'y va pas par quatre chemins : une situation inédite depuis trente ans. L'Usine Digitale révèle même que Nvidia pourrait annuler ses cartes graphiques GeForce RTX 50 Super. La firme privilégie ses GPU d'IA qui pèsent désormais 89 % de son chiffre d'affaires. Le gaming ne représente plus que 7,5 %. Vous imaginez le retournement ?
Selon la Revue Politique et Parlementaire, les hyperscalers pourraient émettre entre 250 et 300 milliards de dollars de dette en 2026 à Wall Street. McKinsey projette 7 000 milliards d'investissements mondiaux dans les data centers d'ici 2030. Mais si la demande pour les services IA ne suit pas le rythme du déploiement, ces géants pourraient se retrouver avec des actifs qui perdent de la valeur à toute vitesse.
D'après LeMagIT, la production mondiale galère à suivre. L'IDC anticipe une croissance de seulement 8 % en 2026 et 9 % en 2027 pour les semiconducteurs, alors que la demande explose littéralement. Les projets comme Stargate visent 2 millions de GPU d'ici 2029. L'Europe veut 1,2 million de GPU répartis dans au moins douze gigafabriques d'IA.
Moi, je me demande si ces centaines de milliards investis aujourd'hui vont vraiment générer des revenus à la hauteur. Ou est-ce qu'on assiste à la formation d'une bulle spéculative dont l'éclatement pourrait complètement redistribuer les cartes de la tech mondiale ?
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À propos de l'auteur : Sandy Jasingh cumule 13 ans d’expérience dans le high-tech : 8 ans en magasin et 5 ans en conseil client chat. Cette double vue terrain/digital lui permet de tester et décrypter les innovations avec un seul objectif : vérifier leur utilité réelle au quotidien.
Sandy Jasingh