Pokémon Pokopia mise gros avec un tarif à 65 euros qui divise les joueurs
Exclusivité Switch 2 attendue pour mars prochain, Pokémon Pokopia fait grimper la température chez les fans. Ce spin-off d'Omega Force y va franco avec un prix de 65 euros, comme un gros AAA classique. Un positionnement audacieux pour un jeu de simulation à l'apparence minimaliste qui suscite autant d'interrogations que d'enthousiasme.
Un budget qui pose question
Koei Tecmo a mis le paquet pour ce projet. Selon Automaton Media, Pokopia mobilise l'équipe de développement la plus importante jamais assemblée par Omega Force en 30 ans d'existence. Un record qui dépasse même les effectifs consacrés aux célèbres Dynasty Warriors. Le directeur du jeu, Takuto Edagawa, refuse de communiquer les chiffres exacts mais confirme cette ampleur inédite.

Cette débauche de moyens se traduit dans l'ambition du projet. Et ça se voit dans les détails : Game Freak s'est même occupé de la localisation en interne, générant selon FRVR davantage de dialogues que n'importe quel jeu Pokémon principal. Une prouesse technique qui explique en partie la facture salée.
Le prix divise pourtant. Avec ses 10 Go de téléchargement seulement et son format Game-Key Card controversé, plusieurs joueurs s'interrogent sur la pertinence du coût pratiqué. ComicBook souligne que ce tarif risque de freiner l'audience des amateurs de jeux cozy, habitués aux prix plus doux de Stardew Valley ou même d'Animal Crossing New Horizons, vendu autour de 55 euros.
Une collaboration tripartite inédite
La genèse du projet révèle une organisation inhabituelle dans l'industrie. Contrairement aux productions Pokémon classiques, Pokopia résulte d'un co-développement à trois têtes entre Game Freak, The Pokémon Company et Koei Tecmo. Kanako Murata, la productrice, raconte à VGC que cette collab' permet de piocher dans l'expertise d'Omega Force sur les sims de vie, comme ils l'ont fait avec Dragon Quest Builders 2.

Cette collaboration a demandé une phase d'alignement de 3 à 4 mois avant le vrai début du développement, révèle Automaton Media. Un temps consacré aux questions fondamentales du gameplay, mais aussi à des interrogations plus philosophiques comme la nature de la confiance entre Pokémon. Marina Ayano, directrice artistique, confirme avoir bossé en profondeur avec Game Freak pour comprendre la psychologie de chaque créature. Alakazam, par exemple, affiche une intelligence supérieure qui influence ses réactions différemment d'un petit Pokémon à l'esprit plus simple.

Le développeur Takuto Edagawa, qui avait déjà dirigé Dragon Quest Builders 2, se retrouve aux commandes d'un projet qui dépasse en ampleur ses réalisations précédentes. D'ailleurs, quand on voit les retours sur Dragon Quest Builders 2 et sa capacité à nous faire perdre des heures dans la construction, on se dit que si Pokopia suit le même chemin, ça pourrait bien justifier la facture. Sa connaissance du genre sandbox lui permet d'injecter dans Pokopia les mécaniques éprouvées de son précédent titre, tout en respectant les codes de l'univers Pokémon.
Entre ambition narrative et durée de vie
J'ai pu tester le jeu en avant-première, et franchement, il est plus profond que son look pastel ne le laisse supposer. D'après mes premières heures de jeu, on parle d'une campagne principale entre 20 et 40 heures, avec du contenu additionnel après le générique. Une durée de vie qui justifierait davantage les 65 euros si elle se confirme sur la version finale.

La directrice artistique a d'ailleurs insisté sur le concept de "chill & pop" pour définir l'identité visuelle. Cette approche vise à créer une expérience relaxante sans sacrifier la personnalité graphique du titre. Les formes alternatives de Pokémon introduites dans le jeu, comme Mosslax ou Peakychu, témoignent de cette volonté de renouveau tout en préservant l'ADN de la licence.
Le multijoueur jusqu'à quatre joueurs en ligne et la fonction GameShare, qui permet de jouer avec des possesseurs de Switch 1 ne possédant pas le jeu, constituent des arguments commerciaux supplémentaires. Ces fonctionnalités techniques demandent un investissement conséquent en développement que Nintendo et The Pokémon Company semblent avoir accepté de financer.

On verra bien le 5 mars 2026 si ce pari à 65 balles marche auprès des joueurs. Entre les fans inconditionnels de la franchise prêts à débourser le prix fort et les amateurs de cozy games plus frileux face au coût, Pokopia devra convaincre par son contenu réel plutôt que par ses promesses.
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À propos de l'auteur : Aurélien Hedouin, passionné de jeux vidéo depuis l’enfance et grand fan de Lego. Il décrypte l’actualité et les tests gaming sur Conseil Direct avec expertise technique et amour du pixel.
Aurélien Hedouin