Meta se lance dans le marché ultra-concurrentiel des montres connectées
La montre Malibu 2 devrait arriver d'ici fin 2026, mais Meta devra convaincre sur un secteur déjà saturé où Apple règne en maître avec 23% de parts de marché. L'enjeu dépasse le simple appareil : il s'agit de bâtir un écosystème d'objets portables où lunettes et montre communiquent ensemble.
Une bataille à armes inégales
Franchement, quand on regarde les chiffres, c'est clair que Meta ne part pas favori. Le secteur pèse déjà 35,29 milliards de dollars et compte 562,86 millions d'utilisateurs à travers le monde. Un business farouchement gardé par Apple, qui domine les ventes depuis des années, suivi de près par Samsung et Huawei.
La société de Mark Zuckerberg ne part pas complètement les mains vides. Reality Labs, la division hardware de Meta, a déjà prouvé qu'elle savait créer des produits grand public avec ses lunettes Ray-Ban. EssilorLuxottica a même triplé ses ventes de ces lunettes intelligentes en 2025. J'ai vu pas mal de gens autour de moi craquer pour ces lunettes, et ça montre que Meta sait y faire avec le grand public.
Mais une montre connectée reste un tout autre défi. Contrairement aux lunettes qui jouent sur le style et la discrétion, 92% des possesseurs de montres connectées s'en servent principalement pour surveiller leur santé et leur activité physique. Meta devra donc livrer des capteurs ultra-précis, une autonomie convaincante et des algorithmes de santé fiables. Rien de moins.
Un écosystème qui prend forme
En fait, Meta ne vise pas juste à sortir une énième montre. L'entreprise mise sur un réseau d'appareils interconnectés où chaque objet renforce l'autre. Les lunettes Ray-Ban Display lancées à 799 dollars en septembre dernier intègrent déjà Meta AI et un bracelet neuronal pour les contrôler par gestes. La montre Malibu 2 viendrait compléter ce tableau, créant un pont entre ce que vous voyez via les lunettes et ce que ressent votre corps via la montre.
Ça me fait penser à comment Apple a rendu l'Apple Watch indispensable à l'iPhone. J'en ai une et je ne m'en passe plus. Sauf que Meta joue sur un terrain différent avec l'intelligence artificielle comme fil rouge entre tous ses appareils. L'assistant Meta AI traite déjà les images captées par les lunettes, analyse les conversations, traduit en temps réel. Sur une montre, il pourrait interpréter vos données biométriques pour vous suggérer de faire une pause quand votre rythme cardiaque s'emballe.
Le domaine des wearables dopés à l'IA atteindrait 180 milliards de dollars cette année, selon plusieurs analystes. Meta compte bien en réclamer sa part, d'autant que la firme a repoussé à 2027 le lancement de ses lunettes de réalité mixte Phoenix. Une manière de concentrer ses ressources sur des produits plus accessibles et potentiellement rentables à court terme.
La question qui fâche avec vos données de santé
Reste l'obstacle majeur face auquel Meta devra composer : la confiance. Confier ses données de santé à une entreprise scrutée pour ses pratiques en matière de vie privée ne va pas de soi. Quand Reality Labs accumule plus de 50 milliards de dollars de pertes depuis 2020, la pression monte pour transformer ces investissements en revenus. Et les données de santé représentent une mine d'or pour affiner les publicités ciblées ou développer de nouveaux services payants.
Meta a revu sa politique de confidentialité pour les Ray-Ban en mai, en collectant plus de données sur les images et la voix. Personnellement, ça m'inquiète un peu, vu leur historique. Une montre qui enregistre en permanence votre fréquence cardiaque, votre sommeil, votre niveau de stress et vos déplacements multiplierait le volume d'informations personnelles entre les mains de l'entreprise.
Les fabricants de montres connectées établis jouent sur la transparence et les certifications médicales pour rassurer. Meta devra emprunter le même chemin si elle veut convaincre au-delà des premiers adoptants technophiles. Dans un secteur où Samsung, Google et Apple se livrent bataille depuis des années, le nouveau venu n'a aucune marge d'erreur. Bref, la bataille pour les gadgets intelligents est loin d'être finie, et Meta entre dans la danse.
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À propos de l'auteur : Sandy Jasingh cumule 13 ans d’expérience dans le high-tech : 8 ans en magasin et 5 ans en conseil client chat. Cette double vue terrain/digital lui permet de tester et décrypter les innovations avec un seul objectif : vérifier leur utilité réelle au quotidien.
Sandy Jasingh