Fallout New Vegas écrase Starfield mais Bethesda garde le sourire
Sur Steam, le RPG spatial de Bethesda affiche à peine 4 200 joueurs simultanés quand Fallout New Vegas, sorti en 2010, en compte quatre fois plus. Pourtant, Todd Howard vient d'annoncer de nouvelles mises à jour et qualifie son jeu de "Game Pass beast". Comment expliquer ce paradoxe entre un échec apparent et un succès revendiqué ?

Les chiffres, franchement, ils racontent deux histoires complètement opposées. Starfield affiche aujourd'hui à peine 4 200 joueurs simultanés sur Steam, loin derrière Fallout New Vegas qui en compte environ quatre fois plus alors qu'il a 16 ans d'âge. Pourtant, Todd Howard qualifie sans sourciller son RPG spatial de "Game Pass beast" lors d'une récente interview accordée à Kinda Funny. Cette apparente schizophrénie des performances cache en réalité une transformation profonde du modèle économique du jeu vidéo.
Les chiffres Steam qui font mal
Impossible d'ignorer l'éléphant dans la pièce. Après avoir culminé à 330 723 joueurs simultanés lors de son lancement en septembre 2023, le titre a vu sa base s'évaporer. Selon les données de Steambase, le jeu accuse une chute de 99% par rapport à son pic. Quand vous voyez ces stats et que vous les comparez aux autres jeux Bethesda, ça fait bizarre. Skyrim maintient 30 000 joueurs actifs en 2026, Fallout 4 dépasse les 36 000, et même le vénérable Fallout New Vegas surpasse allègrement Starfield.

Cette débandade sur Steam a transformé ce qui devait être le "Skyrim de l'espace" en ce que certains médias n'hésitent plus à qualifier de fiasco. La communauté des moddeurs, habituellement très active sur les titres Bethesda, reste étonnamment timide avec seulement quelques nouveaux mods par jour contre plusieurs pages pour Skyrim et Fallout 4.
L'empire invisible du Game Pass
C'est là que ça devient intéressant, en fait. Lorsque Todd Howard évoque Starfield comme une "bête de Game Pass", il ne plaisante probablement pas. Le RPG spatial fait partie de ces productions pensées dès l'origine pour l'écosystème d'abonnement de Microsoft. Contrairement aux chiffres publics de Steam, les métriques du Game Pass restent opaques. Microsoft ne publie pas les données de fréquentation détaillées, se contentant d'annoncer des jalons comme les 10 millions de joueurs atteints deux semaines après le lancement.

Cette double stratégie change tout. Les vieux jeux Bethesda devaient se vendre cher. Starfield ? Il est quasi gratos avec l'abo. Les gens testent, lâchent l'affaire parfois, mais ils payent toujours leur mois. Un modèle qui transforme l'échec apparent en succès commercial masqué.
Pas de révolution en vue
Dans son intervention chez Kinda Funny, Howard a tenu à tempérer les attentes autour d'une hypothétique version 2.0 qui transformerait le jeu en profondeur. "Si vous avez adoré Starfield, vous allez aimer ce qui arrive. Par contre, si vous n'aviez pas aimé le jeu de base, que vous le trouviez ennuyeux, ça ne risque pas le modifier de manière assez significative pour vous faire changer d'avis", a-t-il déclaré sans détour.
C'est cash, ça change de la com' habituelle dans le milieu. Bethesda assume de viser sa base fidèle plutôt que de tenter une reconquête massive. Les mises à jour à venir modifieront le jeu "de manière méta, en utilisant l'espace d'une façon qu'on n'a pas encore vue", mais sans révolutionner l'expérience fondamentale.

Cette approche révèle une stratégie claire. Plutôt que d'investir massivement dans une refonte à la Cyberpunk 2077, le studio mise sur la rétention long terme via le Game Pass et des contenus additionnels pour les aficionados. Un pari qui interroge sur l'avenir des blockbusters AAA dans l'ère de l'abonnement gaming, où le succès ne se mesure plus uniquement en copies vendues mais en heures jouées et en taux de rétention.
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À propos de l'auteur : Aurélien Hedouin, passionné de jeux vidéo depuis l’enfance et grand fan de Lego. Il décrypte l’actualité et les tests gaming sur Conseil Direct avec expertise technique et amour du pixel.
Aurélien Hedouin